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Airbus à la manoeuvre dans l'aviation civile et l'espace

L'avionneur européen vient de revoir à la hausse les perspectives du marché mondial de l'aviation civile. Il est également aux côtés de Safran pour créer une coentreprise dans les lanceurs de fusée, dans le cadre du projet Ariane 6.
fusee
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A défaut d’avoir réussi à forger l’Airbus de l’énergie en mariant Alstom avec Siemens, le groupe aéronautique européen pousse, lui, ses pions tout aussi bien dans le domaine de l’aviation civile que de l’espace. Hier soir, la firme a fait le point sur la demande mondiale d’avions. Celle-ci s’avère plus soutenue grâce aux pays émergents, Chine en tête. Même si de nombreux experts s’inquiètent d’un ralentissement de l’économie de ces pays, ils concentrent toujours l’essentiel des espoirs de croissance d’entreprises telles qu’Airbus. Et de fait, ce dernier s'attend désormais à ce que la demande mondiale atteigne 31.400 appareils à l'horizon de 20 ans, soit une hausse de 7% par rapport à sa précédente prévision. Au prix catalogue, cette demande d'appareils représente une valeur globale de 4.600 milliards de dollars. "Le secteur de l'aviation commerciale progresse de façon impressionnante et nos dernières prévisions confirment cette croissance à long terme. Cette tendance à la hausse est confirmée par le trafic intérieur chinois qui deviendra le premier marché de l'aviation commerciale dans les dix prochaines années", a d’ailleurs précisé John Leahy, le directeur commercial d'Airbus. Son concurrent Boeing est encore plus optimiste puisque selon ses propres conjectures, sur les 20 prochaines années, les compagnies aériennes auront besoin de 36.770 nouveaux avions, pour une valeur de quelques 5.200 milliards de dollars.

Dans le domaine de l’espace, Airbus est tout autant à la manœuvre puisqu’il est en train de monter une joint venture avec Safran en vue de regrouper les forces vives industrielles françaises pour créer un géant dans le domaine des lanceurs de fusée. L’objectif est de promouvoir et mettre en oeuvre le futur projet Ariane 6. Projet qui rencontre déjà quelques opposants, comme les Allemands alors que la France semble pourtant favorable à cette nouvelle génération de fusée susceptible de concurrencer l’américain SpaceX. L’avenir d’Ariane 6 doit être formellement tranché le 2 décembre, date napoléonienne hautement symbolique. Un challenge de la plus haute importance pour Airbus et Safran qui pourraient, dès lors, devenir l’actionnaire de référence d’Arianespace.

En attendant, le titre Airbus est le plus dynamique de tous ses homologues du CAC 40 ce matin, avec un bond de 3%. De quoi ravir l’Etat français qui en possède 11%. Tom Enders, le patron de la firme est parallèlement en train de solder sa participation dans Dassault Aviation. Ce dernier vient de se donner la possibilité de racheter 10% de son capital en vue d’annuler les actions par la suite, améliorant au passage le bénéfice par action du groupe. Airbus aura encore à reclasser 36% à l’issue de cette opération. On devrait rapidement savoir quelles solutions ont été trouvées pour sortir de cette participation qui lui rapportera un peu moins de 5 milliards d’euros.

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