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2016 : nouvelle année de contreperformance pour l'APE
L'année 2016 s'est donc bien terminée pour l'ensemble des valeurs du CAC 40 qui a gagné, rappelons-le, 4,86%. S'il est un gérant de portefeuille qui cumule pourtant les contreperformances depuis deux ans, c'est bien l'Etat. Qu'on en juge : en 2015, les participations de l'APE avaient dégagé une moins-value de 13,15% quand l'indice phare parisien avait gagné 8,53%. En 2016, le recul du portefeuille atteint 11,48%. Pourquoi une telle constance dans la sous-performance ?
Il faut bien dire, à la décharge de la manne publique, que les sociétés en portefeuille appartiennent pour beaucoup au secteur de l'énergie, très malmené ces derniers mois mais sanctuarisé au regard de ses implications hautement stratégiques, alors que d'autres firmes, très en forme, en 2015, n'ont pas réitéré la performance. C'est le cas de Renault et Peugeot qui, après un bond en avant respectif de 53% et 58,6% il y a deux ans ont perdu l'année dernière 8,7% et 4,4%. C'est aussi ce qui s'est passé avec Airbus qui n'a pas vraiment décollé l'an dernier (+1,35%) alors qu'en 2015 il avait connu un parcours éblouissant en progressant de 50%.
C'est surtout le cas d'EDF, principale participation de l'APE qui, après avoir déjà lâché 40,5% en 2015, a encore reflué de 28,7% en 2016, les challenges financiers et stratégiques qui l'attendent ayant fortement contribué à affaiblir le groupe énergétique. De son côté, Engie n'a pas fait non plus d'étincelles, loin s'en faut : le titre a encore reculé de 25,8% en 2016 après un repli de 16% un an plus tôt, tout comme Areva en perte de 20,7% cette fois après un plongeon de 40,5% précédemment. La encore le groupe fait partie des dossiers chauds du moment. L'Etat Français se démène pour essayer de remettre à flot cette entreprise. EDF est d'ailleurs largement sollicité pour participer au sauvetage, ce qui n'arrange pas ses affaires financières...
Le transport aérien n'est pas épargné puisque les actions Air France KLM ont chuté de 26,3% en 2016, contre un recul de 12% un an plus tôt alors qu'ADP a lâché 5,04% contre un gain de 7% en 2015. La encore la compagnie aérienne française a connu bien des soubresauts ces derniers mois entre les grèves à répétition des pilotes, les gestes inexcusables de certains syndicalistes et le changement de direction.
Restent quand même les bonnes surprises, mais à effet limité compte tenu du poids des participation en question : Eramet, en pleine déconfiture en 2015 (-62,6%) a très nettement rebondi (+92,3%). Le groupe a profité d'une reprise des cours de certaines matières premières et de réductions de coûts pour retrouver le sourire. Par ailleurs, on note la franche remontée de CNP qui, après un reflux de 15,5% il y a deux ans a gagné 41,5%, l'an passé. Retournement de tendance que d'autres valeurs financières ont également connu à la faveur d'une reprise de leur activité et d'une belle amélioration de leurs différents ratios de solvabilité.
Demeurent enfin, les inexorables champions de la performance qui, année après année, continuent d'afficher de très beaux parcours, comme si les différents cycles économiques ne les touchaient pas. En tête de ce podium, Thalès qui après avoir bondi de 53,6% en 2015 s'est encore apprécié de 33,33% l'an passé. Idem pour Safran qui gagne encore 8% après après 23,6%. Le problème avec ces deux groupes, c'est que l'Etat a déjà largement puisé dans ces deux escarcelles pour récupérer du cash. Du coup, il n'a plus beaucoup de marge de manoeuvre pour poursuivre sur cette lancée, la manne publique ne voulant pas lâcher son pouvoir d'intervention compte tenu de leur domaine d'activité.
Cette contreperformance globale ne fait pas les affaires de l'Etat qui compte sur cette grosse pelote pour renflouer les caisses. En 2015 déjà, il n'avait pas pu récupérer les sommes escomptées. En 2016, presqu'aucune opération de cession n'est intervenue au regard de cours de Bourse chahutés durant l'année et d'une désaffection des investisseurs susceptibles de prendre le papier. La transaction qu'il vient de réaliser sur les titres Engie est pour le moins surprenante puisqu'elle intervient à des niveaux de cours historiquement bas pour la valeur énergétique et à quatre mois des élections présidentielles habituellement propices à l'inertie. Il en a retiré 1,5 milliard d'euros en descendant aux alentours de 28% du capital. Détail intéressant, l'opération a été souscrite en l'espace de 30 minutes et il a été placé plus de papier que prévu. L'APE peut, certes, compter sur les droits de vote double attribués à ses actions depuis la mise en oeuvre de la loi Florange pour avoir quelques latitudes ces prochains mois.
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