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Numericable-SFR subit lui aussi la guerre des tarifs

Le groupe de Patrick Drahi a enregistré une perte sur le premier trimestre 2016. Le marché français à 4 opérateurs est résolument problématique pour la rentabilité des différents acteurs. Ce qui ne fait pas les affaires du tycoon des télécoms qui a bâti son empire sur une montagne de dette dépendante des cash-flow dégagés.
Patrick Drahi
Patrick Drahi

Le marché hexagonal à quatre opérateurs ne fait décidément pas les affaires des protagonistes en question : alors que Bouygues Telecom peine à rentabiliser ses investissements, Numericable-SFR annonce ce matin des résultats trimestriels pénalisés par les offres agressives déployées par le groupe pour conquérir de nouveaux clients. La perte publiée atteint 41 millions d'euros au premier trimestre 2016, à comparer à un bénéfice de 743 millions un an plus tôt à la même époque. La marge d'Ebitda, elle, recule de 1,1 point à 33,1%. Quant au chiffre d’affaires, il est en repli de 6,1% à 2,57 milliards d'euros.

En termes commerciaux, la croissance nette des clients Fibre de SFR s'est pourtant poursuivie avec une augmentation de 66 000 et la décroissance nette d'abonnés Mobile B2C a, au contraire, ralenti (-28 000 contre -144 000 au premier trimestre 2015). De son côté, le parc d'abonnés "haute valeur" est en progression (+13 000).

Comme redouté, la guerre que se livrent les quatre opérateurs télécoms présents en France a donc des effets plus que nocifs sur leur niveau de rentabilité. Numericable-SFR, de son côté, doit gérer une situation assez paradoxale : réussir à capter de nouveaux clients dans un contexte de réduction drastique des coûts. Ce qui n’exclut pas une reprise des investissements, le groupe étant parti à la conquête des entreprises avec de nouvelles offres axées autour des datas. Patrick Drahi a également commencé à jouer les synergies entre ses différentes filiales en proposant à ses clients SFR des services d’abonnements à ses journaux. Reste la problématique du remboursement de sa dette. Si le groupe ne délivre pas les niveaux de cash-flow anticipés lors du montage du financement du rachat de SFR, cela deviendra en effet insoutenable pour le tycoon des télécoms qui a fondé la construction de son empire sur une montagne de dette.

L’action Numericable-SFR perd d’ailleurs environ 7% ce matin (22% depuis le début de l’année et 50% sur un an), même si le contexte de taux reste favorable. La maison mère, Altice, cotée à Amsterdam perd 3,5%.

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