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Suez affronte les vents contraires et espère jouer la carte M&A
Mission accomplie pour Suez. Contrairement à son concurrent Veolia, qui avait lourdement chuté en Bourse après avoir abandonné son objectif de hausse du dividende pour 2017 la semaine dernière, le groupe de services à l’environnement a tenu ses objectifs en 2016 et maintenu ses perspectives pour l’exercice en cours. Pourtant, le groupe a lui aussi affronté des vents contraires l’an passé : « Dans un environnement difficile en Europe, que ce soit pour les activités dans l'eau et le recyclage et la valorisation, et malgré une croissance atone en France, nous avons réussi à tenir nos engagements, ce qui est une très grande réussite de la part des équipes de Suez. Cela démontre qu'une discipline de fer sur les coûts et l'activisme commercial peuvent porter leurs fruits", commente Jean-Louis Chaussade, PDG de Suez.
Dans le détail, le chiffre d’affaires de Suez a grimpé en organique de 1,1% à 15,3 milliards d’euros l’an passé, et l’Ebit progresse de son côté 0,5% mais de 2,1% si l’on retraite l’effet des « volumes d’eau estivaux exceptionnels en 2015 ». Si bien que le groupe a bon an mal an réalisé son objectif de croissance organique d’au moins 2% et d’une croissance de l’Ebit supérieure au chiffre d’affaires pour 2016. Le groupe pâtit toujours de la baisse des volumes sur son activité Eau en Europe, qui recule de 1,3% en organique, tandis que le recyclage et la valorisation en Europe reste à flots (+0,5% en organique), et c’est surtout la division internationale (+4,7%) qui tire les résultats du groupe, grâce aux immenses problématiques de déchets en Chine et à Hong Kong, mais aussi au Moyen-Orient.
Le groupe mise donc sur ces régions, mais aussi sur la zone Amérique, puisqu'il compte tirer parti du plan de dépenses d’infrastructures annoncé par Donald Trump, même si ce dernier n’a pas encore élaboré sur le sujet depuis son arrivée à la Maison Blanche. Au global, Suez ne s’attend pas non plus à un changement drastique cette année : " Nous sommes prudents pour 2017 et prévoyons une légère croissance organique du chiffre d'affaires et de l'Ebit. Après la réorganisation de ses activités, Suez est un groupe industriel plus agile et plus intégré en ordre de marche pour accompagner les grandes évolutions de nos métiers à la croisée des révolutions de la ressource et du digital", décrypte Jean-Louis Chaussade. Dans les faits, cela se traduira par une légère croissance organique du chiffre d’affaires et de l’Ebit, 1 milliard d’euros de cash flow libre (comme en 2016) et une dette financière maintenue à 3 fois l’Ebitda.
Dans un marché sinistré sur ses marchés principaux en Europe, comment générer la croissance de demain ? Via une acquisition structurante comme celle de GE Water & Process Technologies, mise en vente par GE dans le cadre de son mariage avec Baker Hughes dans les services pétroliers. L’actif, qui représente environ 2 milliards de dollars de revenus, est particulièrement attractif pour le français puisqu'il est présent sur ses activités de prédilection, notamment la valorisation énergétique – un segment en pleine croissance -, et sur complémentaire à sa présence en Amérique du Nord. Mais la concurrence pour cet actif fait rage, notamment de la part des fonds de private equity, qui ont les poches pleines et se plaignent du manque d’offres sur le marché, et Blackstone est murmuré parmi les trois finalistes. Les enchères devraient aboutir mi-mars, pour un prix de vente qui pourrait atteindre 3 milliards de dollars.
Ce type de transaction a beaucoup plus de sens qu’une méga-fusion avec son éternel concurrent Veolia, selon le patron de Suez. "Je ne crois pas aux grands rapprochements qui conduiraient à des ventes massives d'actifs. Le vrai sujet est la pertinence de l'activité, et non la taille", explique Jean-Louis Chaussade, qui a été reconduit en avril dernier pour un nouveau mandat de trois ans. Alors qu’un projet d’intégration de la part d’Engie, son actionnaire à 33%, avait été murmuré en fin d’année dernière puis démenti par Engie, il défend bec et ongle l’indépendance de son groupe : "Engie est satisfait de la stratégie de Suez et Suez heureux de compter Engie au sein de son capital. Les rumeurs ne servent qu'à ceux qui les répandent, et nous n'en faisons pas partie". A bon entendeur.
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