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La Banque de France confirme le ralentissement pour 2018

L'institution a révisé à la baisse ses chiffres de croissance pour cette année, à 1,8% contre 1,9% initialement annoncé. Le gouvernement lui, table toujours sur une progression de 2%. 
Banque de France
Banque de France

La Banque de France est donc la première institution à abaisser ses prévisions de croissance pour cette année, après un début 2018 poussif et dans un contexte géopolitique tendu. Le PIB ne devrait ainsi progresser "que" de 1,8%, au lieu des 1,9% initialement prévus. L'institution s'est cependant voulue rassurante : "Passé la faiblesse du début d'année 2018, la croissance s'installerait sur un rythme de 0,4% par trimestre avec une composition équilibrée". Selon elle ce léger ralentissement constaté sur les deux premiers trimestres (elle prévoit 0,3% au T2) ne serait donc que temporaire et reflèterait surtout un contrecoup après l'excellente année 2017.

Dans le détail, la consommation des ménages, l'un des principaux piliers de la croissance française, devrait être pénalisée cette année par la hausse des prix de l'énergie (elle progressera de 1,1% seulement), même si elle devrait se redresser en fin d'année, boostée par la baisse de la taxe d'habitation et des taux de cotisation salariales notamment. Si les exportateurs ont souffert de la forte appréciation du taux de change en début d'année, la situation devrait évoluer les prochains mois avec la divergence de politique monétaire annoncée de part et d'autre de l'Atlantique : la monnaie unique a d'ailleurs largement fléchi depuis la mi-avril quand les marchés ont intégré que la Fed accélérerait sa politique de resserrement des taux, passant de 1,237 contre le dollar à 1,1593 actuellement. Du coup, la Banque de France estime que la contribution du commerce extérieur sera "nettement positive en 2018 puis neutre sur l'horizon de projection", grâce au dynamisme de la demande mondiale. Du côté des entreprises, l'investissement devrait reprendre un rythme plus "normal", après une très forte progression de 2016 et 2017 mais continuera à croître à un rythme nettement supérieur à celui du PIB. Les ménages eux, poursuivront leurs investissements dans l'immobilier, mais de façon moins soutenue que l'an dernier.

La principale bonne nouvelle de ces projections macroéconomiques dévoilée par la Banque de France ce matin concerne l'emploi : l'institution estime ainsi que les créations de postes dans le secteur privé resteront importantes cette année, grâce au dynamisme de l'activité. Elles devraient ainsi atteindre 200.000 en 2018 puis se maintenir autour de 180.000 par an, et ce, malgré le ralentissement du PIB, notamment soutenues par la transformation du CICE en allègements de cotisations sociales pour les employeurs. Le taux de chômage devrait donc passer de 9,2% au premier trimestre de cette année à 8,2% fin 2020. Soit son plus bas niveau depuis fin 2008.

Si la Banque de France estime que la croissance française sera encore "dynamique" cette année et que 1,8% de hausse demeure un niveau "robuste", il est toutefois bien inférieur aux prévisions du gouvernement, qui anticipe de son côté une progression de 2%. Le FMI table quant à lui sur une hausse de 2,1% pour 2018. Pour l'instant, les aléas qui pourraient remettre en cause la prévision annoncée par la Banque de France sont "équilibrés", selon cette dernière. Les réformes en cours pourraient ainsi doper le PIB sur le deuxième trimestre, tout comme les risques géopolitiques et commerciaux pourraient au contraire peser davantage que prévu sur la croissance.

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