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Fusions, Acquisitions / M&A

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Le duel Mylan-Teva, symbole de la consolidation à l’oeuvre dans la santé

Même après avoir mis 29 milliards de dollars sur la table pour reprendre Perrigo, le laboratoire Mylan n’a pas échappé à une OPA de 40 milliards de dollars de la part de Teva. Une course effrénée à la taille critique pour leur propre survie.
Mylan
Mylan

Mylan aura fait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter cela, mais il n’a pas pu échapper à l’OPA de son grand concurrent israélien du générique, Teva. Ce dernier vient de faire une offre à 82 dollars par action, soit une valorisation de 40 milliards de dollars sur le laboratoire américain, devenu néerlandais. Mylan avait en effet bouclé le rachat des médicaments d’Abbott à l’étranger l’été dernier pour 5,3 milliards de dollars en cash et titres et, par le biais d’une opération d’inversion, avait transféré son siège social dans un pays européen plus favorable au plan fiscal. Les rumeurs ont repris de plus belle lorsqu’Abbott a décidé de vendre un tiers de sa participation de 22% au sein du groupe fin mars.

La cible a alors mis tout en œuvre pour échapper à ce destin : début avril, elle a mis en place une poison pill, une structure appelée « stichting » aux Pays-Bas, et qui permet de vendre des titres à une fondation afin de diluer la part des actionnaires et de contrer une éventuelle offre hostile. Ensuite, alors que les bruits se précisent et identifient Teva comme un candidat potentiel, la société dirigée par Heather Bresch décide de lancer une offre de rachat sur son concurrent Perrigo, basé en Irlande, pour près de 29 milliards de dollars en cash et en titres. L’opération est vue comme défensive de la part des analystes mais Perrigo ne prend pas position, ce qui laisse la porte ouverte à un plan alternatif. Le week-end dernier, le chairman de Mylan, Robert Coury, réitère sa position en déclarant : « nous avons étudié depuis un moment l’alliance potentielle entre Teva et Mylan, et il est clair que ce schéma n’a pas de logique industrielle ni de sens au niveau culturel». Et de pointer les chevauchements entre leurs activités et un possible feu rouge du régulateur. Le message est clair, pourtant il n’a pas refroidi les ardeurs de son prédateur.

Celui-ci estime qu’en créant un groupe de 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 9 milliards d’Ebitda, la nouvelle entité pourrait dégager 2 milliards de dollars de synergies annuelles et ainsi maintenir son dividende. Mais il paraît fortement probable que le prix proposé, qui offre certes une prime de 40% sur le cours de Mylan avant les premières rumeurs, ne suffise pas à emporter l’adhésion de la cible. De l’avis des analystes, étant donné que le titre a déjà dépassé les 70 dollars, Teva va probablement devoir surenchérir pour avoir gain de cause. Le jeu en vaut la chandelle, dans le grand bal des M&A actuellement à l’oeuvre dans la santé. Teva, dont le principal médicament contre la sclérose en plaque -qui génère 60% de ses revenus- tombe dans le domaine public cette année, doit trouver rapidement les relais de sa croissance future.


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