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Entreprises / Actions / Gouvernance - rémunérations

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Gouvernance - rémunérations

Faut-il vraiment redouter les activistes ?

Il y a les "affreux" qui s'invitent au capital d'une grande entreprise, la pressent de verser de copieux dividendes et s'en vont dès qu'ils ont eu gain de cause. Et puis il y a ceux qui mettent le doigt sur de réelles faiblesses stratégiques ou de gouvernance, poussent à des changements et restent actionnaires un plus long moment. Point positif: les entreprises développent aujourd'hui l'excellence pour ne pas être une cible. 
Christopher Hohn, président du fonds activiste TCI
Christopher Hohn, président du fonds activiste TCI

L’essor des fonds activistes et leur présence de plus en plus visible en Europe représente-t-elle une vraie menace pour les entreprises-cibles et pour leurs actionnaires ? C’est ce que ressentent indubitablement les grands groupes français, en pleines manoeuvres avec leurs banquiers conseils pour mettre en place des parades vis-à-vis de ces actionnaires.

Si l’on regarde de près le modus operandi de ces trublions, on se rend compte d’abord qu’ils n’ont pas tous la même approche et que leur intervention est parfois effectivement bénéfique pour l’entreprise et ses actionnaires. Il y a, en fait deux types d’activistes : les brutaux, qui s’invitent au capital d’une société de façon parfois très symbolique, multiplient les annonces dans les médias pour critiquer la stratégie et le management, réclamant de prompts rachats d’actions ou dividendes exceptionnels court-termistes et finissent par fédérer d’autres fonds, eux aussi attirés par des gains rapides. Ils obtiennent parfois gain de cause et s’en vont tout aussi vite qu’ils sont entrés. C’est ce que l’on a notamment vu avec Vivendi, pressé il y a deux ans par le fonds américain PSAM de verser un dividende plus généreux que prévu. Ce qu’a finalement accepté de faire le Français, histoire d’enterrer la hache de guerre. 

Il y a, par ailleurs, les activistes plus patients et surtout plus enclins à accompagner dans le temps les sociétés qu’ils ont sélectionnées. « Tous les activistes ne sont pas à mettre dans le même panier. Certains d’entre eux ont la réelle volonté de mettre le doigt sur ce qui ne va pas dans une entreprise et de participer à son redéploiement, réclamant au passage des postes d’administrateurs », assure une spécialiste en gouvernance. De fait, certains fonds se sont fait une spécialité de passer des mois, voire des années à éplucher toutes les strates d’une société, d’analyser ses forces et faiblesses, de prendre finalement une participation pour avoir voix au chapitre et implémenter des changements. C’est ce qui s’est passé avec la société américaine issue du split d’Alcoa, Arconic. L’activiste Elliott a passé 2 ans à décortiquer tous les aspects de ce fabricant de matériaux composites pour moteurs d’avions et d’automobiles, a dépensé plusieurs dizaines de millions de dollars pour prendre l’avis d’experts, de clients, concurrents, salariés, juristes, banquiers conseils et autres consultants sur le positionnement de l’entreprise, ses choix stratégiques, ses performances financières et boursières. Il en a tiré une analyse de 336 pages au terme de laquelle il finissait par démontrer que la direction du groupe, comme son conseil d’administration étaient mauvais et qu’il était urgent de les changer. Après un bras de fer de plusieurs mois, le fonds a obtenu satisfaction avec la démission du patron d’Arconic et la nomination de trois de ses représentants au board.

Selon certains experts, les activistes peuvent ainsi se révéler des aiguillons très utiles pour booster des managements un peu trop conventionnels ou timorés. Ils mettent aussi souvent le doigt sur des points de faiblesse qu’il est facile de corriger, dès lors qu’ils ont été identifiés. Et de faire remarquer que c’est dorénavant dans la crainte d’être la cible de tels investisseurs que bon nombre de directions d’entreprise se montrent beaucoup plus regardantes sur certains aspects bilanciels (endettement, utilisation des cash-flow, de la trésorerie, pay-out...) et de gouvernance. Pour la plus grande satisfaction de toutes les parties prenantes.

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