Parité : Sheryl Sandberg continue sa croisade
Cinq ans après la sortie de son livre Lean In, qui a donné naissance à un mouvement national de promotion des femmes dans le monde professionnel, le chemin est encore long vers la parité selon Sheryl Sandberg, la COO de Facebook. C’est la conclusion d’une étude d’une ampleur sans précédent réalisée par son association LeanIn, en partenariat avec McKinsey. Ils ont ainsi interrogé 462 sociétés américaines employant pas moins de 20 millions de personnes sur une durée de quatre ans, et les résultats montrent que la question est loin d’être réglée, puisque les femmes sont encore nettement sous-représentées par rapport aux hommes à tous les échelons de la hiérarchie. Plus inquiétant : les hommes ont des visions divergentes sur l’état des lieux de cette question par rapport aux premières concernées.
Dans un premier temps, l’étude combat une idée reçue : le déficit d’offre, puisque les femmes sont désormais plus nombreuses à obtenir un diplôme de bachelor (4 ans d’études), et sont toutes aussi promptes à réclamer une augmentation ou une promotion que les hommes. Et elles ne sont pas plus nombreuses à vouloir quitter le monde du travail pour s’occuper de la famille, contrairement aux clichés. Si les femmes ont donc fait leur part du travail en gagnant leurs galons dans le monde professionnel, il revient maintenant aux sociétés d’agir.
Car les chiffres démontrent une discrimination dès l’embauche : les hommes décrochent 54% des emplois, contre 46% pour leurs homologues féminins. Et le fossé ne fait ensuite que se creuser : pour 100 hommes promus, seules 79 femmes le sont, si bien que les hommes représentent encore 62% des rôles de manager, contre 38%. Or, comme l’explique Sheryl Sandberg, le fait que la gent masculine soit favorisée dès l’entrée envoie un signal d’alarme : cela montre bien qu’il ne manque pas de femmes compétentes pour prendre un poste, mais que cela relève de biais de performances. Les recherches montrent que les recruteurs ont tendance à surévaluer les compétences d’un homme, et l’inverse pour une femme. L’inégalité des chances est encore plus criante pour les femmes de couleur : elles ont ainsi 40% de chances de moins que les hommes d’être promues manager.
Il revient donc aux entreprises d’adopter une véritable politique de promotion des femmes, et ce dès l’embauche et lors des promotions. Cela revient à mettre en place des critères précis et objectifs, de façon à limiter la possibilité de faire entrer ces biais dans la décision du recruteur. Cela suppose aussi de renverser vraiment la tendance, car au rythme actuel d’embauche, la proportion des femmes n’aura augmenté que de 1 point d’ici dix ans, alors qu’en adoptant la parité, ce fossé des genres sera résorbé dans dix ans. "Nous sommes impatients. L’avenir des femmes dans le monde du travail se joue, et les bonnes intentions ne sont désormais plus suffisantes", conclut-elle en guise de mise en garde.
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