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BPCE et Crédit Agricole confirment leurs leaders et délivrent des résultats solides
Les deux banques mutualistes, BPCE et Crédit Agricole, avaient toutes les deux un ordre du jour chargé lors de leurs résultats trimestriels : officialiser la nomination d’un côté, la prolongation de l’autre de leurs patrons. Si Dominique Lefebvre, le président de la Fédération Nationale du Crédit Agricole, a sans surprise été nommé président de CASA, le suspense était plus dense autour de François Pérol, dont le mandat à la tête de BPCE a finalement été reconduit à l’unanimité par le conseil de surveillance, jusqu'en 2020.
Deux incertitudes sont levées donc, et les deux groupes bancaires ont confirmé leur solidité à travers la publication de leurs résultats trimestriels, qui cumulent à la fois une hausse notable des profits, une baisse significative du coût du risque et l’optimisation de leurs ratios de solvabilité. D’un côté, BPCE a publié un résultat net publié en hausse de 23% à 937 millions d’euros, porté en particulier par une réduction drastique du coût du risque, qui baisse de 22,5% à 23 pb. Cela démontre que la banque affiche un bilan de plus en plus sain, où les provisions pour créances douteuses ont été largement éliminées. Par ailleurs, le groupe de François Pérol a effectué un gros travail sur ses ratios réglementaires, le nerf de la guerre des institutions financières. Son ratio Core Tier One (CET1) progresse de 30 pb sur trois mois, à 12,7%, et son ratio de solvabilité tutoie les 16,1%, en hausse de 20 pb. Le groupe en a d’ailleurs profité pour prendre un engagement supplémentaire sur ce plan : faire grimper ce taux à 18% d’ici à 2019 grâce à l’augmentation de 60pb de son ratio CET1 en moyenne.
Crédit Agricole n’est pas en reste puisque la banque verte a également affiché un résultat net trimestriel en hausse de 13,8% sur un an, à 1,75 milliard d’euros, et de 14,8% à 930 millions d’euros. Elle a même fait un peu mieux sur le coût du risque, qui recule de 22,9% et n’est que de 11pb au niveau des caisses régionales contre 38pb chez CASA. La banque verte s’en est bien sortie avec son litige américain, pour lequel elle a finalement écopée d’une amende de 787 millions de dollars, qui n’impactera pas ses comptes du deuxième semestre. Mais elle doit aussi faire face à ses responsabilités dans le dossier du Libor, où elle est accusée d’avoir manipulé le taux interbancaire aux côtés de JP Morgan et HSBC. Elle garde néanmoins environ 900 millions d’euros de provisions pour litiges, si bien qu’une sanction ne devait pas trop grever ses résultats.
L’institution est également en ligne de mire sur les marchés avec l’IPO de sa filiale de gestion d’actifs, Amundi, qui compte lever jusqu’à 2 milliards d’euros en Bourse mais affronte un environnement perturbé. Showroomprivé a fixé son prix en bas de la fourchette et a été chahuté pour son premier jour de cotation, même s’il est presque revenu à son cours d’entrée depuis, tandis que Deezer et Oberthur Technologies ont décidé de reporter leur projet en raison des conditions de marché. Amundi semble néanmoins recevoir un meilleur accueil dans la mesure où le livre d’ordres a été couvert au prix plancher de 42 euros, après trois jours de placement.
Le véritable point d’interrogation qui subsiste aujourd’hui pour Crédit Agricole est celui de sa réorganisation interne, qui a été mise entre parenthèses en raison de divergences avec la BCE, sur son futur statut. Le titre de la banque a perdu près de 19% depuis cette annonce début août et, s’il veut reprendre quelques couleurs en Bourse, il faudra mettre en place des mesures significatives. La nomination de Dominique Lefebvre est un premier pas visant à l’harmonisation des entités de l’animal Crédit Agricole.
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