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Inflation : un écart entre la France et les Etats-Unis en trompe-l'oeil
Au 31 décembre dernier, l’inflation (hors énergie et alimentaire) s’affichait en glissement annuel à +2,2% aux Etats-Unis et à +0,4% en France. Pourquoi un tel écart ? “Une décomposition plus fine des indices montre que la dynamique des loyers explique une grande partie de l’écart entre ces pays, commentent Vincent Grossmann-Wirth et Éric Monnet, économistes à la Banque de France sur leur blog. D’une part, les loyers ont connu depuis 2012 une croissance beaucoup plus rapide aux États-Unis qu’en France. D’autre part, le poids des loyers dans l’indice des prix est plus important aux États-Unis : 40% de l’indice des prix sous-jacent, contre seulement 10 % en France. Dans l’indice américain, les loyers imputés aux propriétaires (“owner equivalent rent”) sont inclus et représentent deux tiers du poids des loyers.” Ce qui n’est pas le cas en France. Si on soustrait les loyers de l’indice des prix, l’inflation aux Etats-Unis serait à seulement 1,2% à la fin du mois de décembre et resterait inchangée pour la France.
Pour la Banque de France, “la contribution des loyers explique donc trois quart de l’écart des inflations sous-jacentes entre les États-Unis et la France. Depuis fin 2012, en moyenne, près de 70% de cet écart est ainsi dû à la différence d’évolution des loyers.” L’écart restant entre l’inflation américaine et française tient aux prix des soins de santé. “Hors logement et santé, l’inflation sous-jacente aux États-Unis serait de 0,5 % en décembre 2016, contre 0,6 % en France”, ont établi Vincent Grossmann-Wirth et Éric Monnet. Ce constat de la Banque de France est intéressant à plus d’un titre. D’un côté, il montre l’impact à nouveau prédominant du secteur immobilier dans les activités économiques américaines. “Si la reprise économique est effectivement plus avancée aux États-Unis depuis 2012, la plus forte croissance de l’inflation outre-Atlantique est surtout imputable à la reprise de son marché immobilier, estiment ses économistes. De ce fait, il y a lieu d’intégrer l’analyse des marchés immobiliers à celle des cycles économiques dans les comparaisons d’inflation.”
Pour autant, Vincent Grossmann-Wirth et Éric Monnet réfutent “de préconiser l’utilisation d’un indice hors loyers. Ce dernier serait peu informatif en lui-même.” D'où les discours et les réponses pour le moins différents des deux banques centrales, alors que certains éléments pourraient au contraire les pousser à agir d'une seule voix.
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