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Thierry Peugeot évincé, le prochain board parlera-t-il d'une seule voix ?
« Indignez-vous ! » lançait sans ambages Stéphane Hessel dans son livre au succès planétaire. Si le concept a fait de très nombreux d’adeptes, la réalité démontre que ceux qui se le permettent en paient toujours le prix fort. C’est ce que l’on peut voir aujourd’hui, avec l’annonce de l’éviction de Thierry Peugeot du conseil de surveillance de Peugeot. Ses torts ? Avoir critiqué le projet de restructuration envisageant l’entrée à parité du chinois Dongfeng et de l’Etat, réduisant d’autant la participation des Peugeot. Décision à laquelle il ne parvenait pas à se faire.
Il avait alors évoqué la possibilité de réaliser un méga appel au marché pour sortir le groupe automobile de l’ornière dans laquelle il se trouvait. Mais l’idée n’a pas été retenue et Peugeot a bel et bien été recapitalisé par le chinois et l’Etat, le triumvirat obtenant chacun 14% du capital. Thierry Peugeot regrettait justement que la participation de la famille passe à 14%, au même niveau que les deux autres actionnaires. "Je veux bien entendre ceux qui disent que l'on ne se désengage pas. Mais, lorsqu'on est premier actionnaire depuis deux cents ans, on ne peut pas avaler ce discours sans réagir", avait-il déclaré. Le résultat ne s’est donc pas fait attendre.
Du coup, Thierry Peugeot sera remplacé par sa sœur, Marie-Hélène Roncoroni. Autre mouvement au sein du conseil de surveillance : Jean-Philippe Peugeot est remplacé au poste de censeur par Frédéric Banzet. Ce dernier est toutefois un membre de la famille Peugeot entré dans le groupe dès 1982 et que Philippe Varin avait placé dans sa garde rapprochée en 2013.
Depuis le début de l’année, le parcours boursier de Peugeot demeure très positif: l’action s’adjuge 45% alors qu’elle grimpe de 100% sur un an. L’annonce de l'augmentation de capital n’a pas eu d’effet trop négatif, alors que le groupe français peine toutefois à redresser la barre en Europe. A la différence de son concurrent français, Renault, qui vient d’annoncer de très belles performances sur le mois dernier. Maintenant placé entre les mains de Carlos Tavares, le sort du constructeur automobile passera par sa capacité à produire mieux et moins cher, tout en conservant un maximum de bases en France. L’Etat, du haut de ses 14%, sera là pour veiller au grain. Le conseil de surveillance parlera-t-il d'une seule voix pour autant ? Rien n'est moins sûr.
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