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Fusions, Acquisitions / M&A

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M&A : pour une fois, l’Europe n’a rien à envier aux Etats-Unis

Les enquêtes d’opinion montrent que les patrons américains sont optimistes sur les réformes et les opérations en vue. Pourtant, les deals sont en baisse de près de 10% au premier trimestre, alors qu’à l’inverse, un souffle nouveau anime les M&A en Europe.
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 L’acquisition de Whole Foods est une opération profondément transformante pour les deux sociétés, comme pour le secteur entier de la distribution. Mais l’agitation que ce deal à 13,7 milliards de dollars a provoquée est aussi révélatrice de l’apathie des M&A américaines en ce moment. Le moral des patrons américains est pourtant au beau fixe si l’on en croit les enquêtes d’opinion : selon Business Roundtable, l’indice de confiance des CEO a ainsi grimpé de 19,1 points en un trimestre à peine, à 93,3 à la fin du premier trimestre, alors même que la moyenne historique se situe plutôt autour de 80.

Les marchés actions, qui ne cessent de pulvériser leurs records historiques– cela a encore été le cas ce lundi, avec un Dow Jones à 21 500 points– sont les premiers à bénéficier de cette euphorie ambiante, née des promesses de réforme fiscale et de dérégulation financière faites par Donald Trump. Pourtant, cet état d’esprit volontariste ne se traduit pas encore dans les faits, loin de là : il y a eu 468 milliards de dollars de transactions américaines depuis le début de l’année, en baisse de 9% sur un an, selon Thomson Reuters, alors même que le marché mondial est en hausse de 6%. Les opérations ont même chuté de 40% depuis leur point haut en 2015, selon S&P Global Market Intelligence !

Il existe donc une véritable dichotomie entre le discours des dirigeants et leurs actes, et cela est lié à leur grand attentisme –voire leur inquiétude– à l’aune de l’accession de Donald Trump au pouvoir. Ce dernier a multiplié les propositions les plus séduisantes pour les corporates : une baisse de 20 points de la fiscalité des sociétés, un programme de 1000 milliards de dollars de dépenses pour les infrastructures et la suppression de grands pans de régulation, qui obèrent les marges des entreprises. Mais force est de constater que depuis le 20 janvier, aucune grande réforme n’a encore été approuvée, et l’incertitude plane sur la capacité -et la volonté– du Président de les mettre en œuvre.

Les patrons de sociétés ont également identifié un risque de réputation lié à la personnalité sanguine du locataire de la Maison Blanche : ce dernier peut voir rouge si une fusion repose sur des synergies de coûts qui pourraient impacter des emplois américains. Et aucun ne se sent à l’abri d’un éventuel tweet matinal et rageur de sa part. Ce qui représente un risque d’exécution supplémentaire par rapport aux aléas traditionnels du M&A.

De l’autre côté de l’Atlantique, les sociétés françaises mais aussi européennes ont le vent en poupe, malgré l’incertitude liée au Brexit. La croissance repart, le monde économique a accueilli avec soulagement l’élection d’Emmanuel Macron aux dépens de Marine Le Pen et, pour une fois, la France est un territoire attractif, loin de l’habituel « French bashing ». La fusion Essilor-Luxxotica, le rachat d’Opel par PSA, de GE Water par Suez ou encore l’alliance Zodiac-Safran entre français, soulignent que les groupes ont été prêts à se montrer opportunistes, même en période électorale. Alors que les Etats-Unis sont tentés par le protectionnisme, l’Europe a une carte à jouer, au plan politique comme économique. Les M&A pourraient être une nouvelle preuve des changements à l’œuvre dans l’organigramme mondial.


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