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Spie réactive son IPO et met toutes les chances de son côté

Le groupe de services multi-techniques, qui avait reporté son IPO à l’automne dernier, a relancé l’opération sur une fourchette plus basse. La Caisse des Dépôts du Québec va acheter du papier tandis que les fonds ne cèderont qu’en cas d’extension.
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Autres temps, autres mœurs. Le groupe de services multi-techniques Spie, qui avait dû renoncer à son introduction en Bourse en octobre dernier en raison de conditions de marché difficiles, a décidé de réactiver l’opération ce matin et fait en sorte de pouvoir aller jusqu’au bout. Tout d’abord, sur les chiffres : le groupe contrôlé par Clayton Dubillier & Rice, la Caisse des Dépôts et Placement du Québec et Ardian compte certes lever davantage d'argent à 700 millions d’euros, contre 525 millions la première fois, mais fait des concessions. Cette fois-ci, la Caisse des Dépôts du Québec s’est ansi engagée à souscrire entre 100 et 150 millions d’euros de nouvelles actions. Par ailleurs, la fourchette d’introduction a été revue à la baisse, entre 14,50 et 17,50 euros, contre 15 à 18,30 euros il y a neuf mois. Autre geste de bonne intention : les deux autres actionnaires financiers ne céderont des titres qu’après réussite du premier placement, dans le cadre d’une clause d’extension portant sur un maximum de 15% du montant total des titres anciens et nouveaux. Enfin, le syndicat bancaire a été élargi : JP Morgan et UBS coordonnent l’offre, associés à cinq banques chefs de file (Barclays, BNP Paribas, Bank of America Merrill Lynch, HSBC et Société Générale CIB) et deux banques co-chefs de file (Crédit Agrciole CIB et Natixis), et travaillent à placer le papier d’ici au 8 juin au soir.

Le groupe a également travaillé à optimiser son profil opérationnel et financier au cours de ces derniers mois. Il a ainsi dévoilé des résultats 2014 de bonne facture, avec une production en hausse de 12,5% grâce à l’intégration de l’ex-Hochtief Services Solutions en Allemagne et surtout une marge d‘Ebita en hausse de 22 pb à 6,4%. En début d’année, il a également profité de conditions idéales de taux pour refinancer sa dette avec un crédit senior de 625 millions d’euros au taux Euribor +425 pb et une tranche second-lien de 186 millions d’euros à Euribor +775 pb. Ils ont permis de rembourser le crédit prohibitif au taux de 11% contracté au moment du LBO, lorsque les conditions de financement étaient bien plus délicates, mais aussi de financer le versement d'un dividend recap au profit des trois actionnaires financiers.

De quoi lui permettre de poursuivre son train d’acquisitions ciblées en Europe comme il vient de le faire encore récemment, avec l’acquisition du groupe néerlandais Numac. Le groupe dirigé par Gauthier Louettea par ailleurs indiqué qu’il regarderait les actifs qui pourraient être cédés par Areva dans le cadre de sa restructuration, un aspect spéculatif qui pourrait attirer des investisseurs pour l’IPO.

Si Spie a pris soin de mettre le maximum de chances de son côté, il peut aussi compter sur un environnement de marché bien plus porteur. Introduit par Eurazeo en février, Elis a pris plus de 40% en Bourse, grâce à l’abondante liquidité offerte par la BCE dans le cadre du quantitative easing depuis le début de l’année. Néanmoins, le réseau de laboratoires Labco, notamment détenu par 3i, a dégainé au moment d’un pic de volatilité le mois dernier et n’a pas réussi à séduire les investisseurs. Il s’est finalement vendu à Cinven avec une légère décote par rapport à sa fourchette d'entrée, à 1,2 milliard d’euros. Cela n’a pas empêché Europcar, également chez Eurazeo, de passer lui aussi à l’acte au même moment, en passant par la case du refinancement obligataire la semaine dernière. Il devrait officialiser les chiffres de son introduction d’ici peu, probablement après Spie.


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