WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Professions financières / Corporate finance

Professions financières
Corporate finance

Le retour en grâce de Wendel

Les comptes de la holding familiale sont repassés dans le vert et la situation financière est stabilisée, ce qui lui offre le luxe de se payer une petite acquisition.
Frédéric Lemoine ne pouvait pas rêver meilleure occasion de faire oublier la mauvaise publicité faite à son groupe en janvier lorsque l'AMF a condamné Wendel et son ancien P-dg Jean-Bernard Lafonta à 1,5 million d'euros d'amende chacun, pour leur entrée au capital de Saint-Gobain. Car les résultats 2010 publiés par Wendel ce matin sont de très bonne facture. D'une part, les participations cotées qui avaient fait plonger les pertes de Wendel en 2009 se sont très bien redressées. Notamment Saint-Gobain qui double son apport au résultat net des activités de la société, même si son parcours boursier est resté stable en 2010 en raison de son endettement. Le spécialiste de la certification Bureau Veritas reste la "vache à lait" de la famille Wendel, puisque son résultat net a encore grimpé de plus de 15%. Il demeure le plus gros contributeur aux revenus de son actionnaire de contrôle. Et la belle acquisition d'Inspectorate en juin dernier est de très bon augure pour l'avenir de cette croissance. Le retournement concerne également, dans une moindre mesure, le portefeuille non coté de Wendel. Deutsch et Stahl ont bénéficié des 124 millions d'euros de recapitalisation consentis par la holding familiale, et ont vu leur chiffre d'affaires et surtout leur marge opérationnelles rebondir fortement (+119% et +53,5%) sous l'effet de la reprise économique. Seul Materis, qui évolue dans la chimie de spécialités, n'a pas su améliorer sa rentabilité (-60 pb) en raison de la hausse du prix des matières premières. 2010 aura surtout été l'année de l'assainissement financier de Wendel, par trois moyens. Les cessions d'actifs tout d'abord, en tirant parti de l'embellissement des marchés. La vente de Stallergenes, à un prix inférieur de 5 euros au niveau de l'action, a fait hausser les sourcils de la communauté financière. Mais cela représente une confortable plus-value de 300 millions d'euros pour son actionnaire, qui avait besoin de sortir de l'asphyxie de sa dette. Le désengagement de Legrand également, en accord avec son coactionnaire KKR. Après s'être abstenu lorsque KKR avait vendu 4,4% de Legrand en mars dernier, Frédéric Lemoine a finalement décidé de profiter de cette manne de liquidité et vendu 13,8% du capital de Legrand en deux fois (septembre dernier puis début mars), soit une belle plus-value totale de 660 millions d'euros. Deuxième moyen, profiter de l'envol du marché obligataire high yield en 2010. C'est ce que Wendel a fait en plaçant 300 millions d'euros de titres en octobre, ce qui lui permet en outre de moins dépendre de sa dette bancaire. Enfin, les cessions de "puts" Saint-Gobain, soit un chèque de 353 millions d'euros, mais aussi une exposition maximale (95,2%) à l'évolution du titre Saint-Gobain. Soit une dette réduite à 5,8 milliards d'euros aujourd'hui, contre 7 milliards à fin 2009. Cerise sur le gateau, profitant de cette meilleure situation financière, Wendel se permet l'acquisition de Parcours, un loueur longue durée de voitures au parcours prometteur, pour 107 millions d'euros. En attendant d'avoir les moyens pour un plus gros poisson.
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article