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SoLocal : les créanciers maîtres du jeu aujourd'hui
C’est une décision cruciale qui va se jouer aujourd’hui au sein du comité des créanciers de SoLocal. Il se réunit en effet afin d’apporter (ou non) son soutien au plan de restructuration de la dette financière du groupe, présenté début novembre. Même si aucune raison valable pourrait pousser les créanciers à reculer devant cette proposition, les esprits ne sont pas sereins. Le comité ad hoc, qui représente 37% du montant de la dette avait en effet menacé le 17 novembre d’annuler la réunion d'aujourd'hui, si certains des actionnaires continuaient à « prendre en otage » les créanciers. Quelques jours plus tard, ils envoyaient un courrier à SoLocal dans lequel ils indiquaient ne plus soutenir un projet de restructuration qui ne serait pas accepté par les actionnaires et demandaient une fois de plus l’annulation de la réunion.
Cette dernière se tient quand même et ce, malgré les pressions continuelles de certains actionnaires qui ne soutiennent pas le plan. « Même si les créanciers ont été particulièrement choqués de la façon dont s’est déroulée la dernière assemblée générale et le refus des actionnaires de voter le plan de restructuration, il est difficilement imaginable qu’ils reviennent sur leur engagements », souligne un observateur. Depuis cette dernière lettre d’ailleurs, les discussions entre le conseil d’administration, les créanciers et Benjamin Jayet, l’un des actionnaires frondeurs qui revendique 7% du capital (mais n'aurait pas plus de 1,06% selon une dernière communication de SoLocal), n’ont pas cessé. « Les créanciers ont essayé de faire comprendre à Benjamin Jayet et Didier Calmels qu’il n’y aura pas de troisième négociation et qu’ils sont prêts à aller au redressement judiciaire si le plan n’est pas voté en AG », explique ce proche du dossier. D’ailleurs, comme Wansquare le soulignait dans son éditorial de dimanche dernier, le fonds Boussard et Gavaudan (qui ne fait pas partie du comité ad hoc), dirigé par deux anciens de Goldman Sachs fait partie de ces créanciers prêts à aller au dépôt de bilan.
Du coté des actionnaires, l’agitation reste de mise en coulisse et les choses sont loin d’être fluides. Effet d’annonce ou pas, Benjamin Jayet et son association «Les actionnaires de SoLocal group », ainsi que Didier Calmels et l’association « Solocalensemble », présidée par Baudoin de Pimodan comptent rejeter le deuxième plan de restructuration. Ces trois protagonistes, ont tous été déboutés de leur demande d’entrer au conseil d’administration lors de la précédente assemblée générale. Et alors que les actionnaires de RegroupementPPLocal étaient tous derrière leurs « leaders » le 19 octobre dernier, ils sont désormais éparpillés. Quoiqu’il en soit, plusieurs résolutions seront présentées, de la part des deux associations d’actionnaires dissidentes, le 15 décembre prochain, lors de l’assemblée générale extraordinaire.
Certaines portent sur la recomposition du conseil d’administration, avec la révocation demandée de Robert de Metz, président de SoLocal, Jean-Pierre Remy, directeur général du groupe et d’Arnaud Marion, actionnaire nouvellement nommé au conseil, à qui l'on reproche de ne pas avoir assez bataillé pour véritablement améliorer le plan de restructuration. Pour les remplacer, les noms de Didier Calmels et Benjamin Jayet circulent, le premier proposant cinq autres personnes, le deuxième avançant deux autres noms. Sur le plan de restructuration, en revanche, les demandes sont identiques des deux cotés : 7 actions nouvelles pour une action détenue et 2 BSA à 2 euros pour chaque action détenue alors que le plan actuel ne prévoit que 1,5 action nouvelle pour une ancienne. Et si du coté de Benjamin Jayet, son association propose un « lock up » de 3 ans pour les créanciers, afin que ceux-ci ne puissent vendre leurs titres trop rapidement, du coté de Didier Calmels, c’est l’abandon significatif des créances qui est demandé. Quoiqu’il en soit, Benjamin Jayet, après de multiples demandes a finalement rencontré en fin de semaine dernière les créanciers, et les discussions ont tourné court rapidement au sujet de la valorisation de SoLocal. Benjamin Jayet a, depuis, demandé au cabinet Detroyat & associé, une nouvelle expertise.
Ce qui est certain, c’est que du coté des salariés de SoLocal, les différentes revendications des actionnaires commencent à peser, tant sur leur moral que sur leur activité. Même s’ils sont tous, actionnaires salariés comme syndicats, prêts à apporter leur soutien au nouveau plan de restructuration, ils sont nombreux à se demander ce que va devenir leur entreprise. « Jean-Pierre Remy se bat tous les jours pour les retenir, tout comme les clients et fournisseurs qui commencent à se poser des questions sur l’avenir du groupe », explique-t-on en interne. Tous attendent donc que le soufflé retombe, lors de l’assemblée générale. Il en est de même pour les potentiels investisseurs externes, à qui était proposée une augmentation de capital réservée (finalement annulée). Car il y a des marques d’intérêt pour l’entreprise, tant par des family office que par des investisseurs financiers « mais la communication désastreuse depuis quelques semaines les empêche d’aller jusqu’au bout du processus », soutient cet observateur.
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