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SoLocal tente le tout pour le tout

La société propose un plan de restructuration drastique de sa dette. Deux augmentations de capital à un prix dérisoire sont ainsi proposées mais elles doivent encore faire l’objet d’une approbation des actionnaires qui risquent de refuser tout net. 
Jean-Pierre Remy - SoLocal
Jean-Pierre Remy - SoLocal

Nouvel épisode dans la série « SoLocal en difficulté ». Hier, soir, le groupe propriétaire des Pages Jaunes a annoncé un plan de restructuration de sa dette, lui permettant de la ramener à 400 millions d’euros contre 1,16 milliard aujourd’hui. L’idée serait de renforcer les fonds propres à travers deux augmentations de capital lancées d’ici à la fin de l’année. La première tranche de 400 millions d’euros serait proposée aux actionnaires à 1 euro par action nouvelle de SoLocal Group. La seconde serait proposée aux créanciers pour 384 millions d’euros à 4,73 euros par action, si la première était souscrite entièrement. Si la première tranche n’est souscrite qu’à hauteur de 300 millions d’euros, de nouvelles obligations dont le remboursement serait fait en actions (MCB, mandatory convertible bonds) pourraient alors être émises au profit des créanciers.

Aussi, dans l’hypothèse où la première tranche serait souscrite à 100% par les actionnaires, ces derniers détiendraient 84,4% du capital de la société, le solde étant détenu par les créanciers. Ces derniers recevraient en contrepartie de leur 1,16 milliard d’euros de créances : 400 millions de créance restante, 380 millions en cash et 15,6% du capital de la société. En revanche, si le taux de souscription des actionnaires est nul (0%), ces derniers ne conserveraient que 6,3% du capital de la société et le solde (93,7%) serait aux mains des créanciers. Résultat de la conversion en capital d’un montant de 400 millions d’euros de créance à un prix de 1 euro par action nouvelle, la conversion en capital d’un montant de 164 millions de créance à un prix de 2,14 euros par action nouvelle et de la conversion en capital des MCB pour 200 millions d’euros.

L’entreprise prévient tout de même que les négociations continuent sur certains termes du contrat avec les créanciers. « Il ne peut être préjugé du fait que cette négociation aboutira » souligne t elle. Et pour cause. Le plan doit d’abord être approuvé par deux tiers des créanciers. Or, à ce jour, les créanciers les plus importants du groupe, qui représentent 50% du crédit syndiqué ont déjà donné leur accord. il en manque donc encore. Par ailleurs, cette restructuration financière doit être approuvée par l’Assemblée générale des actionnaires. Cette dernière devrait se tenir « dans un délai raisonnable », les actionnaires la souhaitant le plus rapidement possible. Mais cette approbation est loin d’être gagnée. L’association des actionnaires de SoLocal, RegroupementPPLocal était déjà vent debout contre une augmentation de capital à 2 euros par action. Il est donc difficile d’imaginer qu’elle accepte une opération à 1 euro par action. Par ailleurs, les nouveaux actionnaires activistes, Arnaud Marion et Didier Calmels avaient déjà prévenu qu’une telle solution ne pourrait être envisageable qu’à une valorisation raisonnable. Arnaud Marion nous expliquait ainsi la semaine dernière que « la conversion de la dette en capital peut être une bonne solution, à condition d’avoir une valeur de l’action plus élevée que maintenant ». Or, l’action du groupe cotait 3,39 euros vendredi soir, avant sa suspension. 

Si toutefois, le groupe obtenait tous les quitus requis , ce plan de restructuration pourrait être lancé d’ici à la fin de l’année, permettant à SoLocal de se relancer et mettre en place son plan stratégique « Conquérir 2018 », visant à accélérer sa croissance. Et les objectifs sont clairs : afficher un chiffre d’affaires Internet représentant 90% du chiffre d’affaire total ; obtenir un taux de marge ebitda / chiffre d’affaires compris entre 28 et 30% sur le long terme, grâce à une décroissance de l’activité Imprimés & Vocal et une stabilisation des coûts ; Obtenir un cash flow annuel avant remboursement de la dette de 90 millions d’euros. Le groupe a publié hier des chiffres semestriels plus que « faibles », avec une chute de son ebitda de 20 % à 112 millions d’euros et un repli de son résultat net de 26 % à 25 millions. Le titre de la société a été suspendu hier matin à sa demande et sa cotation devrait reprendre jeudi. Reste à savoir comment la Bourse accueillera ce plan de la dernière chance.

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