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Icade : rififi entre la Caisse des Dépôts et Predica

La banque verte serait-elle devenue un investisseur activiste ? La filiale d’assurances du crédit Agricole s’est vue refuser la nomination d’administrateurs supplémentaires chez Icade dont elle détient pourtant 18,5% du capital. Elle a donc usé de son droit de demander l’inscription de résolutions additionnelles lors de la prochaine AG de la foncière. Le conseil d'Icade réfléchit à sa réponse.
Olivier Wigniolle
Olivier Wigniolle

Ce n’est vraiment pas dans les habitudes du Crédit Agricole et plus particulièrement de sa filiale d’assurances, Predica, de semer la zizanie au sein de ses très nombreuses participations. Mais là, l’entité dirigée par Frédéric Thomas a pris sa plus belle plume vendredi pour réclamer l’inscription de trois résolutions lors de la prochaine assemblée d’Icade, la foncière de la Caisse des Dépôts. Elle réclame la nomination de deux administrateurs supplémentaires pour représenter son groupe et propose le nom d’un administrateur indépendant. Requête à laquelle la CDC a manifestement répondu par la négative car sinon Predica n’aurait pas eu recours à une telle démarche.

De fait, cette entité de la banque verte a racheté l’an passé les titres de Groupama pour la modique somme de 715 millions d’euros, portant sa participation totale à 18,5% contre 5% précédemment. A l’occasion de la sortie de Groupama, ses trois administrateurs se sont retirés et le conseil d’Icade est alors passé de 15 à 12 membres. Predica est représenté à ce jour par une seule personnalité, Frédéric Thomas. D’où la demande de l’assureur qui souhaiterait voir le conseil revenir à 15 membres dont trois pour le représenter et un administrateur indépendant choisi par ses soins. Les noms des impétrants sont sortis puisqu’il s’agit de Françoise Debrus, la directrice des investissements, bien connue du monde de l’immobilier pour participer à nombre de conseils et d’Emmanuel Chabas qui dirige les placements immobiliers. L’administrateur indépendant retenu est Pierre Marlier (certes managing director chez Crédit Agricole CIB).

Pourquoi refuser à Predica ce qu’avait conservé Groupama (à l'issue de l'opération de rapprochement entre Icade et Silic détenu par Groupama), sachant que la filiale du Crédit Agricole est devenue le deuxième actionnaire d’Icade ? Les principaux intéressés ne font pas de commentaires. Ils ont juste publié dans la foulée des réclamations de Predica un communiqué détaillant les trois résolutions. La foncière n’avait, de toute façon pas le choix compte tenu du poids de Predica au capital (selon la loi, tout actionnaire de plus de 5% du capital et des droits de vote est en droit de proposer des résolutions).

A voir maintenant comment ces résolutions seront intégrées dans le prochain avis de convocation de l’AG d’Icade alors que son conseil d’administration a prévu de se réunir prochainement pour en discuter. Quel que soit le résultat, ces échanges démontrent à quel point le climat s’est tendu entre la Caisse des Dépôts et le Crédit Agricole. Et ce, au moment même où l’on s’interroge sur la volonté de la Caisse de conserver ou non ses parts dans sa foncière. Cette réaction hégémonique pourrait laisser penser qu’elle veut s’arroger tous les pouvoirs pour redéployer comme elle l’entend sa filiale.

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