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Trump va-t-il se remettre de son échec sur l’Obamacare?
La gifle a été cinglante pour Donald Trump, qui avait fait du remplacement de l’Obamacare le premier cheval de bataille de son mandat. Vendredi, le porte-parole républicain à la Chambre des Représentants, Paul Ryan, a dû renoncer au dernier moment à soumettre ce projet de loi au vote du Congrès, face à une opposition grandissante de la part de son propre camp. « Je ne vais pas minimiser, c’est un jour décevant pour nous », a-t-il déclaré. « Nous allons vivre avec l’Obamacare pendant un certain moment », rejetant l’idée d’élaborer une nouvelle mouture rapidement. De son côté, le Président américain, qui avait promis de remplacer la réforme de l’assurance santé passée « le premier jour » de son mandat, a rejeté la faute sur les démocrates, qui « n’allaient pas nous donner un seul vote », même si le Congrès à majorité républicaine aurait pu passer la loi avec son seul camp.
Paul Ryan a maintenu le calendrier du Congrès, qui est désormais de s’attaquer à la réforme fiscale, un sujet potentiellement moins clivant. Steve Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, s’est montré plus confiant, expliquant qu’un tel projet de loi visant à faire baisser les impôts serait « beaucoup plus simple ». « Il y a beaucoup, beaucoup de soutien », a-t-il martelé. Reste que les membres du cabinet présidentiel font eux aussi face à la résistance d’une partie de leur camp, notamment les plus conservateurs.
La réforme fiscale prévoit de réduire l’impôt sur les sociétés – un des plus importants du monde, avec un taux de 35% - et de favoriser un rapatriement de la trésorerie détenue à l’étranger par les groupes américains avec une amnistie fiscale ponctuelle. Elle serait financée par la très controversée taxe à la frontière, qui prévoit d’imposer à 20% les importations, de façon à encourager la production domestique, et rapporterait 1.000 milliards de dollars, selon les calculs. Mais elle est aussi vivement critiquée par de nombreux industriels de l’énergie et acteurs du retail, selon lesquels elle provoquerait une inflation majeure des prix pour les américains.
Pour faire passer ce nouveau projet de loi, les législateurs américains vont devoir venir à bout de trois types d’obstacles, selon le Wall Street Journal. D’une part, voter une baisse d’impôts tout en respectant la lutte contre l’augmentation de la dette publique, chère aux Républicains. Les députés républicains ont déjà promis que la réforme serait neutre dans le sens où les économies qu’elle engendrerait suffiraient à financer les gestes fiscaux promis. Ensuite, définir les principaux gagnants de cette loi : Donald Trump a promis que les coupes fiscales bénéficieraient aux classes moyennes, et non au 1%, comme le craignent ceux qui pointent du doigt un cabinet économique tout droit sorti de l’establishment. De son côté, Paul Ryan a déjà plaidé la priorité accordée à la croissance économique, quitte à faire des cadeaux fiscaux aux plus riches. Enfin, la difficile taxe à la frontière, qui a suscité la méfiance de l’administration Trump et des sénateurs républicains. Mais ses défenseurs jugent essentiels les revenus qu’elle générera et font valoir qu’elle dissuadera les sociétés de loger leurs profits à l’étranger.
D’autres points risquent de faire débat, comme la déductibilité des intérêts de la dette pour investir, les niches fiscales pour le renouvelable ou encore la taxation du carried interest. Loin d’être un promenade de santé, la réforme fiscale devrait donc elle aussi être sujette à de nombreux débats et concessions au sein du camp républicain. Avec plus de succès que la Trumpcare, sous peine de jeter un voile sur le début du mandat Trump.
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