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Immobilier : la logistique et le coworking en vedette
Le marché de l’immobilier d’entreprise francilien se porte bien, merci pour lui. Avec certes, quelques disparités et évolutions plus ou moins attendues. Globalement, même si l’année 2017 a mieux fini qu’elle n’avait commencé, le marché de l’investissement a totalisé 18,9 milliards d’euros, en recul de 8% sur 2016 qui avait inscrit un record historique. La Défense et le croissant ouest francilien sont les grands gagnants de ce millésime. Nouveauté particulièrement édifiante : les marchés de province ont comparativement mieux performé l’an passé que l’Ile-de-France ! Par classe d’actifs, la domination des bureaux est plus visible que jamais : 87% des transactions ont concerné ce segment alors que les investissements dans l’immobilier industriel (logistique, data centers) ont connu une belle progression au détriment des commerces dont la part a lourdement chuté. « Les investisseurs internationaux recherchent de plus en plus à diversifier leurs actifs immobiliers, y compris en se positionnant sur des segments plus risqués, la conjoncture actuelle permettant une telle stratégie », convient Vincent Bollaert, à la tête du département Capital Markets chez Knight Frank qui présentait ce matin son bilan annuel des marchés immobiliers. D’où leur intérêt beaucoup plus marqué que par le passé pour la logistique mais aussi l’hôtellerie, le résidentiel (le retour !) ou la santé.
Dans la location de bureaux, avec 2,57 millions de m2 pris à bail en Ile-de-France, le volume de la demande placée s’est inscrit en hausse de 5% sur un an et 15% au regard de la moyenne des dix dernières années. Le 4ème trimestre s’est révélé particulièrement actif avec près de 780.000 m2 placés dont 55% sur des surfaces supérieures à 5.000 m2. Nouveauté également sur cette spécificité : tous les grands secteurs de l’économie ont été demandeurs rendant plus équilibrée la demande. De même, le coworking a-t-il fait une percée spectaculaire avec une demande multipliée par 8 par rapport à 2015 avec un volume placé de 88.200 m2. Les grands acteurs du secteur, à savoir Nextdoor, Wework et Bureaux à Partager se sont ainsi montrés très gourmands. Leur terrain de jeu est toutefois très restreint : il se concentre sur Paris QCA.
Dans le commerce, le nombre d’ouvertures de magasins parisiens dans le luxe a nettement reculé, de 48% l’an passé. En cause, le redéploiement des marques phares autour de grands établissements, n’hésitant pas à fermer de plus petites entités moins bien placées. Avec le retour des touristes et grâce à l’amélioration de la conjoncture macro-économique, le secteur du luxe devrait pourtant largement animer ce segment cette année et plus particulièrement dans les zones emblématiques parisiennes comme celle autour de la rue Saint-Honoré (très demandée) ou l’avenue des Champs-Elysées où d’importants projets sont en cours de réalisation. Big is beautiful ? Ce goût pour les grandes surfaces est tout aussi apprécié des foncières cotées spécialisées dans le commerce comme Unibail-Rodamco, Klepierre ou Altarea qui ont déjà commencé à arbitrer leurs petits et moyens centres pour se concentrer sur les très grands. Tendance qui devrait largement animer le marché des transactions cette année.
De quoi donner du grain à moudre à toutes les parties prenantes du secteur qui se montrent très optimistes pour les mois à venir sur l’ensemble de leurs activités. Elles regardent juste d’un œil l’évolution des taux d’intérêt mais aussi celle de l’euro par rapport au dollar. Sachant que les grands investisseurs de 2017 sur le marché francilien ne sont ni chinois, ni nord-américains et beaucoup moins allemands que par le passé : ils sont Français ! Selon les statistiques compilées par Knight Frank, en effet, sur le 4ème trimestre ils ont représenté 72% des volumes investis en Ile-de-France et 57% de ceux engagés dans l’Hexagone. Un retour en force particulièrement symptomatique.
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