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La cyber sécurité : un véritable business
Les attaques et les vols de données par internet se multiplient. Si ce phénomène, appelé à s’accroître, est un véritable fléau pour les sociétés, il est également en train de devenir un véritable business pour les spécialistes de la cyber sécurité. C’est ainsi que les start-up dédiées ont pu lever 1,02 milliard de dollars au premier trimestre, selon les chiffres publiés par PrivCo. Car les entreprises de capital risque US telles qu’Andreessen Horowitz ou Kleiner Perkins, investissent dans ce secteur qu’elles estiment stratégique pour les années à venir. La demande devrait en effet enfler à mesure que les cyber attaques touchent des fleurons, comme JP Morgan, Sony Pictures ou Home Depot par exemple.
A titre de comparaison, les start-ups du secteur ont levé 2,3 milliards de dollars en 2014 et cette même année se sont financées à hauteur de 540 millions de dollars au troisième trimestre. Il y a quatre ans de cela, le montant total levé sur 12 mois était de moins d’un milliard de dollars. Dans le détail, depuis le début de l'année, Ion Security a levé 40 millions de dollars auprès de différents fonds, dont Kleiner Perkins, et Tanium a obtenu 52 millions de dollars du seul fonds Andreessen Horowitz.
Selon Sam Hamadeh, directeur général de PrivCo cité par le Financial Times, les financements sont dopés par l’augmentation des budgets alloués par les sociétés pour répondre au danger et par le fait que la sécurité des données sur smartphone est en train de devenir un véritable problème. « Dans la cyber sécurité, le capital-risque a été plus intéressé par la sécurité sur mobiles, qui a été le sous-secteur le plus actif pour le trimestre pour de nouveaux financements venture », a-t-il déclaré.
Globalement, les dépenses mondiales pour la sécurité informatique devraient augmenter de 8,2% en 2015 pour atteindre les 77 milliards de dollars, selon Gartner. Les firmes spécialisées dans la cyber sécurité optent pour différentes approches et les investisseurs cherchent à miser sur celles qui sauront se démarquer. Si certaines fournissent des logiciels ou offrent des services aux sociétés, aux consommateurs, d’autres se focalisent sur le matériel et les logiciels au niveau des infrastructures.
C’est ainsi qu’une société comme Rapid7, spécialisée dans les services et les logiciels qui aident les entreprises à évaluer et surveiller leurs risques de sécurité, lorgne sur la Bourse. Parmi ses 3 500 clients : Bank of America ou encore Amazon. Tout comme LogRhythm et Mimecast, la start-up pourrait être valorisée à plus de 1 milliard de dollars. Les firmes se seraient ainsi déjà rapprochées de banques telles que Morgan Stanley, Barclays ou JP Morgan pour leur IPO en 2015.
Parallèlement, Raytheon, le contractant de défense américain, investit 1,7 milliard d'euros en numéraire pour acquérir environ 80% d'une entreprise de cyber sécurité formée avec le fonds américain Vista Equity Partners. Raytheon payerait l'équivalent de quatre ou cinq fois les ventes annuelles pour le rachat de Websense, soit la plus grosse acquisition de ces dix dernières années pour le groupe, rapporte le Wall Street Journal. Preuve de l'enjeu économique que ce soit pour les victimes que pour ceux qui les souhaitent les protéger est important.
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