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L'OPEP n'est plus le principal driver des prix sur le marché du pétrole
Alors qu'hier matin, les marchés bruissaient d'une possible entente entre les pays producteurs de pétrole sur un système de quota ou un semblant de plafond, la réunion de l'OPEP s'est finalement conclue sur le statut quo hier soir. Les Etats producteurs ne sont donc toujours pas parvenus à se mettre d'accord sur un plafonnement de leur production, qui aurait permis au baril de se reprendre durablement. Or malgré ce nouvel échec, le Brent a continué de s'apprécier et franchi ce matin le seuil des 50 dollars, en hausse de 0,42%. Preuve, selon les analystes, que le marché est désormais en train de se rééquilibrer, indépendamment des décisions de l'OPEP.
Du point de vue de l'offre en effet, la production américaine est progressivement en train de diminuer, de même que les niveaux de stocks : l'agence internationale de l'énergie du pays a d'ailleurs annoncé hier que les stocks avaient baissé de 1,37 million de baril la semaine dernière, tandis que la production avait diminué pour la 12ème semaine consécutive. "La production aux Etats-Unis décroit depuis un an, le lancement de nouveaux projets est pour l'instant gelé et il n'y a donc pas d'accroissement de l'offre brutal sur le marché américain", explique ainsi Florent Maisonneuve, managing director chez AlixPartners. Pendant ce temps, la demande se reprend, soutenue par la reprise en zone euro, une économie américaine qui ne décroche pas et une amélioration de la conjoncture en Chine. "L'effondrement du système américain pétrolier ne s'est pas transmis aux autres secteurs du pays", poursuit Florent Maisonneuve, qui estime que la croissance de la demande de pétrole devrait donc se poursuivre. "La vraie question qui drive le marché du pétrole et des matières premières est la santé de l'économie mondiale", explique encore le managing partners.
Cependant, selon les analystes d'AlphaValue, la réunion de l'OPEP d'hier a tout de même permis quelque avancée, qui pourrait également expliquer la bonne tenue du marché ce matin. Selon des participants de la réunion, celle-ci s'est bien déroulée, et chacun des Etats s'est engagé à réaliser des efforts en vue de trouver un accord, à partir des propositions de l'Arabie Saoudite (mais qui n'ont pas été rendues publiques). Le nouveau ministre du pétrole du royaume, Khalid Al-Falih, s'est en effet visiblement montré plus conciliant que son prédécesseur et serait prêt à ne pas augmenter sa production, malgré le retour de l'Iran sur le marché. "Le fait que le baril soit remonté a certainement aidé au climat d'apaisement d'hier", estime ainsi Alexandre Andlauer, analyste chez ING. Le Brent s'est ainsi repris de près de 80% depuis son point bas de fin janvier, où il avait atteint 28 dollars.
"De notre point de vue, il y a une ferme volonté des membres de l'OPEP de restaurer leur crédibilité et faire entendre leur voix afin de stabiliser le marché, poursuit l'analyste. Selon Florent Maisonneuve, il s'agit pourtant plutôt d'un jeu de dupes, où chacun souhaite conserver son pré carré sans donner l'impression de vouloir bloquer les négociations. Un accord pour la fin de l'année ne semble pourtant pas impossible selon le consensus des analystes du secteur, mais il ne devrait pas pour autant influencer outre mesure le marché, qui devrait poursuivre son lent rééquilibrage.
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