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Fusions, Acquisitions / M&A

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Verizon-AOL : le mariage de la raison pour survivre face aux nouveaux géants

Le groupe télécoms rachète l’ex-fournisseur d'accès à Internet, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, pour 4,4 milliards de dollars. Une alliance d’anciens afin de se muscler dans la vidéo et la publicité en ligne face à Google, Apple et Facebook.
AOL
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Qui se souvient encore qu’en 2007, au moment de la sortie du premier iPhone, Apple et Verizon avaient peu ou proue la même capitalisation boursière ? Près de huit ans plus tard, Apple culmine à 735 milliards de dollars en Bourse, soit près de deux fois plus que Verizon et AT&T réunis. Une profonde transformation s’est opérée sur les secteurs des médias et télécoms, de plus en plus imbriqués et de moins en moins dépendants des grands fournisseurs de réseaux. Dans cette optique, plusieurs rumeurs avaient couru sur une consolidation depuis le début d’année, comme un mariage avec Verizon ou encore Yahoo, plus récemment. C'est finalement la première option qui s'est matérialisée puisque Verizon a annoncé ce matin qu’il rachetait AOL pour 4,4 milliards de dollars, afin de se renforcer dans la vidéo et la publicité en ligne. Il offre 50 dollars par action AOL, soit une prime de 17% sur le cours de Bourse de la cible avant l’officialisation de l’opération, en cash et en dette court terme. AOL détient également des publications médias comme le site TechCrunch dédié à la technologie ou encore le Huffington Post.

Les nouveaux magnats de la technologie que sont Google et Facebook s’attaquent à leurs anciens fournisseurs en aménageant leurs propres fibres, d’où l’obligation pour eux de compléter leur gamme de services. AT&T a choisi de mettre la main sur l’opérateur de satellites DirecTV pour 50 milliards de dollars afin de muscler son contenu, et Verizon s’approprie l’ancienne star des médias, qui a fait l’objet du plus grand flop financier de l’histoire lorsque Time Warner l’a repris pour 165 milliards de dollars en 2000. Des divergences culturelles profondes, des synergies mal réalisées et enfin l’explosion de la bulle Internet ont eu raison de cette méga fusion, qui est désormais un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire dans les écoles de commerce.

Verizon, qui figure déjà comme leader dans la distribution de vidéos sur Internet via son réseau, compte ainsi se positionner en amont sur la création, et concurrencer les géants technos qui s’attellent de plus en plus à proposer leurs propres contenus. Or, l’empreinte du groupe télécoms est forte : il couvre 70% du trafic Internet américain à travers 1,5 milliard d’appareils, que ce soient des PC, des télévisions ou des téléphones portables. En associant un leader de la distribution de vidéo sur mobile et celui de la publicité vidéo et programmatique, l’opération fait naître un puissant acteur média technologique, capable de diffuser très largement. Enfin, au plan financier, la transaction est avantageuse pour les actionnaires d’AOL qui ont misé sur le retournement du groupe lorsqu’il a été réintroduit en Bourse, fin 2009 puisque leur mise de départ a été revalorisée de 150% !

« Le mobile représentera 80 de la consommation de médias dans les prochaines années et si nous devons être leader, nous devons l’être dans le mobile », a déclaré AOL dans son communiqué. Conscient de cette réalité, il a aujourd’hui décidé de mettre une fois encore son destin entre d’autres mains, afin de créer un nouveau géant de la vidéo mobile et de la publicité en ligne, capable d’affronter une nouvelle reconfiguration du paysage concurrentiel.


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