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GE sort un peu plus de la banque avec une cession à 12 milliards de dollars

Le groupe américain, qui a annoncé sortir des services financiers en avril, cède son activité de financements LBO au fonds de pension canadien CPP pour 12 milliards de dollars. Un chantier mené tambour battant, mais dont les effets seront longs à se faire sentir.
GE logo
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General Electric n’aura pas tardé à joindre le geste à la parole. En avril dernier, son chairman emblématique, Jeff Immelt, annonçait que le groupe allait sortir totalement des services financiers, GE Capital. Il expliquait que ce business model à deux jambes le desservait, que les services financiers étaient devenus un handicap en raison des contraintes réglementaires et de la vision pessimiste des investisseurs sur le titre.

La vente de GE Capital, la septième banque du pays en termes de capitaux gérés, n’est pas une mince affaire mais la maison-mère a voulu faire vite, afin de ne pas décourager les équipes et de tenir son engagement de céder pour 100 milliards de dollars d’actifs en 2015. Le groupe a déjà engrangé environ 35 milliards de dollars depuis le début de l’année, dont 23 milliards de la vente de ses activités immobilières à Blackstone, et signe aujourd’hui la vente de son activité de financement LBO mais aussi 3 milliards de dollars de prêts bancaires. L’actif, qui avait suscité l’intérêt de fonds comme Apollo ou Ares Management, a atteint un prix total de 12 milliards de dollars. Soit la plus grosse acquisition dans l’histoire du Canada Pension Plan, qui démontre qu’il est prêt à boucler de grosses acquisitions pour se muscler dans le private equity aussi bien via le sponsor de sociétés de gestion que l’investissement direct ou le financement LBO.

Pour General Electric, le travail ne fait que commencer, et celui qui attend la décision de Bruxelles pour la reprise de la branche énergie d’Alstom cet été est en négociations actives pour céder d’autres grands pans des services financiers. En particulier l’activité de prêts commerciaux, qui concerne aussi bien des crédits pour des équipements ou achats de véhicules que des prêts garantis aux PME, et qui pèse 40 milliards de dollars. Ce dégraissage à marche forcée a pour but de ramener la finance à portion congrue, qui ne devrait plus représenter que 10% des profits à horizon 2018 contre 43% l’an dernier. Les investisseurs seront bien sûr récompensés pour leur patience : General Electric a lancé un programme de rachats d’actions de 50 milliards de dollars et prévoit de retourner 90 milliards de dollars à ses actionnaires d’ici à 2018 en intégrant les dividendes et la vente de titres Synchrony Financial, la filiale de cartes de crédit qu’il a introduite en Bourse l’an dernier.

Mais le groupe, dont le titre reste inférieur de 33% à son niveau de 2007 même s’il s’est bien redressé depuis quelques années, ne pourra pas tirer un trait sur son passé de banque aussi facilement et rapidement. L’agence de notation Moody’s a d’ailleurs pointé du doigt les difficultés que présentait un plan aussi ambitieux que la sortie d’une activité qui pesait encore 200 milliards de dollars et qui rapportait beaucoup de cash distribué aux actionnaires. Pour elle, le groupe ne peut pas compter sur ses activités traditionnelles pour générer autant de distribution à ses actionnaires que par le passé. Par ailleurs, si elle salue cette annonce comme une bonne décision, elle estime qu’étant donné la maturité du business model de General Electric, les effets bénéfiques ne se feront pas sentir avant 2018-2020. Si bien que l’impact en termes de notation de crédit prendra autant de temps. En attendant, GE peut compter sur l’appétit des fonds anglo-saxons, qu’ils soient gérants ou Limited Partners, qui ont fait le plein de liquidités et sont en recherche avides d’actifs.


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