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League tables: BNP Paribas en tête des M&A en France au Q1, Lazard sur les revenus
Dealogic a publié son bilan trimestriel de l’investment banking en Europe, qui est l’occasion de faire le point sur les banques qui se sont distinguées, notamment sur le très concurrentiel créneau des M&A. Au premier trimestre, c’est BNP Paribas qui emporte la palme des league tables en France, avec 12 deals conseillés pour un total de 39,8 milliards de dollars, devant Rothschild (12 opérations pour 37,6 milliards de dollars) et Citi (8 transactions pour 33,2 milliards). La banque s’est en effet distinguée sur le plus gros deal de l’année, le mariage entre Safran et Zodiac pour près de 10 milliards d’euros, dont le prix pourrait néanmoins être revu à la baisse après un nouvel avertissement sur résultats de Zodiac. Mais aussi à la suite de la vente d’Opel par General Motors à Peugeot, lorsque BNP Paribas en a profité pour signer un partenariat avec le groupe de Carlos Tavares et racheter ensemble les sociétés de financement d’Opel/Vauxhall pour 900 millions d’euros. Ou a encore accompagné Bouygues Telecom pour la vente de 3000 sites télécoms à l’espagnol Cellnet, pour 500 millions d’euros.
Côté revenus, c’est Lazard qui tire son épingle du jeu au premier trimestre, car la banque dirigée par Matthieu Pigasse dans le continent a généré 51 millions de dollars de fees selon Dealogic, devant Rothschild (35 millions de dollars) et Goldman Sachs (29 millions), alors que BNP Paribas ne pointe qu’à la quatrième place (24 millions). En Europe, ce sont en revanche trois banques américaines qui se hissent sur le podium des M&A : Bank of America figure en tête, devant Citi et Goldman Sachs. Dans un marché européen en hausse de 29,1% en début d’année, soit la même tendance que le marché mondial et un volume record depuis 2008, les institutions américains se taillent de plus en plus la part du lion, au détriment de leurs concurrentes européennes.
Cela est encore plus flagrant sur l’investment banking (M&A, mais aussi opérations de marchés actions et dette, et crédit bancaire), où les trois mastodontes américains (JP Morgan, suivi de Citi et Goldman Sachs) composent le podium européen au premier trimestre, une première ! Deutsche Bank se hisse péniblement comme première institution européenne à la cinquième place, ce qui en dit long sur la compétitivité des banques du Vieux Continent sur leur propre territoire.
Côté M&A, les mandats ont aussi été obtenus au détriment des revenus, qui chutent en Europe de 27,3% au premier trimestre, selon Dealogic. Ces chiffres démontrent que pour rester concurrentiels, les conseils n’hésitent pas à se montrer inventifs, notamment pour de grandes fusions stratégiques qui sont aujourd’hui les scénarios les plus courants comme le démontrent Safran-Zodiac, Essilor-Luxxotica, Johnson&Johnson - Actelion ou encore Stanard Life et Aberdeen AM dans la gestion d’actifs. Les méga deals à plus de 10 milliards de dollars, qui représentent désormais près de 40% du marché européen des M&A (la plus importante part depuis 2006), sont aussi sources de concentration, ce qui pourrait provoquer de nouveaux blocages du régulateur, comme dans le cas de LSE-Deutsche Börse. Cela semble déjà jouer dans la finalisation des opérations : plus de 200 milliards de dollars de deals ont été avortés au seul premier trimestre, soit près de deux fois plus que sur l’année 2016 entière !
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