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Les grands distributeurs français à l'heure des choix stratégiques

Carrefour et Cora s'allient pour mutualiser leurs achats. Intermarché et Casino mais aussi Système U et Auchan en ont récemment fait autant. Les majors multiplient les initiatives pour gagner des parts de marché en France. D'autres challenges les attendent.
supermarché
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L’annonce du rapprochement de Carrefour et de Cora hier soir en vue de mutualiser leurs achats est symptomatique à plus d’un point. D’abord, il permet à Cora de ne pas rester sur le bord de la route après les annonces faites par Système U et Auchan mais aussi Intermarché et Casino, un peu plus tôt dans l’année. Tous les grands distributeurs sont effectivement entrés dans une dynamique d’optimisation de leur centrale d’achat en vue d’obtenir les meilleurs prix et d’accroître encore un peu plus leurs parts de marché. Allié à Cora, Carrefour (avec 25,2% de parts de marché) ne parviendra toutefois pas à dépasser le couple leader que sont Intermarché et Casino (avec 25,9%), tandis qu’Auchan/Système U totalisent 21,6% et Leclerc 19,9%. Ces alliances en disent également assez long sur la guerre des prix que ne vont pas manquer de se livrer toutes ces enseignes dans un contexte français très difficile où chacun tente de trouver des solutions. Parmi celles-ci, le pari des enseignes de proximité en centre-ville. Ici, ce sont surtout Casino et Carrefour qui ont pris une longueur d’avance avec le développement tous azimuts des Franprix, Monoprix et Monop’ mais aussi des Carrefour Market et City dans les grandes agglomérations. En outre, avec l’acquisition des magasins Dia situés dans l’Hexagone, le groupe de Georges Plassat va pouvoir disposer d’une manne supplémentaire.

Autre enjeu que les grands distributeurs ne vont pas manquer de regarder de près dès l’année prochaine : l’épicerie en ligne. Pour l’heure, un acteur britannique, pure player, a fait ce pari : Ocado. Il possède à ce jour 13% de part de marché en Grande-Bretagne, concurrençant très sérieusement des Tesco ou Sainsbury’s. Mais cette activité est extrêmement gourmande en capitaux et nécessite une expertise informatique de première qualité, la prise de commande et la livraison de milliers d’articles peu onéreux à l’unité étant très spécifique (avec notamment les problèmes des produits fragiles et des retours). Certains analystes spécialisés dans le secteur sont pourtant unanimes : les grands noms de la distribution ne pourront pas passer à côté de ce challenge, même si pour l’heure il n’est pas rentable, Ocado peinant à dégager des profits. De nombreuses enseignes françaises ont, certes, développé des sites proposant des produits d’épicerie livrés à domicile, mais ils sont très marginaux par rapport à la puissance de feu de leur maison mère et il est indéniable qu’en France, le modèle mis en avant par les grands noms est le « drive » permettant de surfer sur la vague internet tout en utilisant les magasins en dur. Coté en Bourse et créé par des anciens banquiers de Goldman Sachs Ocado promet d’être rentable dès l’année prochaine grâce à de nouvelles associations mais aussi à la vente de son expertise informatique à des distributeurs internationaux via des accords de licence. Carrefour, Intermarché ou Casino seront-ils intéressés ? En attendant, le parcours boursier du pure player britannique est loin d’être ridicule puisqu’il s’adjuge 600% sur 3 ans.

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