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Le marché décontenancé par le discours en demi-teinte de la Fed

Dans ses minutes, la Fed a adopté un ton résolument dovish en jugeant que l’inflation était trop basse et que tous les critères n’étaient pas encore réunis pour une hausse des taux. Sa politique "data dependent" crée de la volatilité.
FED - logo
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Les marchés américains ont fait les montagnes russes ce mercredi : après avoir ouvert en baisse de plus de 250 points en raison d’inquiétudes sur la Chine et après des chiffres d’inflation corrects, ils ont effacé leurs pertes dans la foulée du communiqué de la Fed, publié par erreur quelques minutes avant 14h. Ceux qui attendaient des indices précis sur un relèvement des taux dès le mois prochain en ont une nouvelle fois été pour leurs frais : si la Banque centrale américaine se félicite à nouveau de l’amélioration du marché du travail, l’inflation reste pour l’instant le point noir et les membres jugent qu’il leur faut être convaincus qu’elle reviendra à son objectif de 2% à moyen terme avant de décider d’une hausse des taux. Pour certains membres cependant, les conditions d’une telle décision sont ou seront bientôt rassemblées.

Le compte-rendu de cette réunion du 28-29 juillet dernier a été interprété diversement parmi les économistes. Certains ont tout d’abord jugé que l’institution emmenée par Janet Yellen, qui est très concernée par les questions d’emplois et de hausses des salaires, semblait encore prudente et pourrait ne pas relever ses taux avant décembre. Pour d’autres, la Réserve Fédérale ne fait que poursuivre le discours deux poids-deux mesures qu’elle tient depuis de nombreux mois. Or, cette politique « data dependent » provoque une volatilité exacerbée sur les marchés : l’indice a à nouveau clôturé en baisse de 159 points, une fois que la communication de la Fed a été digérée. Elle s’est logiquement propagée aux Treasuries, en baisse de près de 7pb à 2,12%, mais aussi au dollar, qui a reculé de 0,8% par rapport à l’euro pendant la journée.

Car un autre paramètre entre également en ligne de compte : la Chine, dont la correction du marché pourrait affecter la croissance US et qui perturbe les marchés mondiaux. La récente dévaluation du yuan a relancé les débats sur une guerre des changes, si bien que la Fed pourrait décider de calmer le jeu d’ici à la fin de l’année afin de ne pas voir filer sa monnaie, même si cela ne fait pas partie des critères officiels de sa politique monétaire. Enfin, le facteur pétrole peut également être interprété comme un verre à moitié plein ou vide. Le baril WTI a chuté de 4,3% à 40,80 dollars, soit un plus bas depuis mars 2009 après des statistiques qui ont révélé une hausse surprise des stocks aux Etats-Unis. Si la Fed a une fois de plus rappelé qu’elle considérait la faiblesse des prix de l’énergie comme provisoire, les analystes anticipent de plus en plus ce bas niveau au moins jusqu’à la fin de l’année, ce qui obère la rentabilité de nombreux projets d’extraction de schiste aux Etats-Unis. Et pourrait ainsi impacter la croissance du pays.

Les nouvelles statistiques vont être scrutées de près par l’institution fédérale, mais à cet égard, les chiffres de l’inflation publiés mercredi matin ne sont pas vraiment plus éclairants. Celle-ci a augmenté de 0,2% en juillet, et de 1,8% en sous-jacent, ce qui reste un niveau encore faible même si l’écart entre les deux devrait se réduire. Le recul du dollar, s’il devait persister pendant quelques semaines, aurait au moins le mérite d’œuvrer dans ce sens.


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