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Professions financières / Corporate finance

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Pourquoi les entreprises françaises font-elles beaucoup défaut en Europe?

Une note de S&P souligne le déclin du taux de défaut en Europe l’an passé, à 5,9%. La France fait néanmoins figure de mauvais élève, et le redressement judiciaire d’Ascometal en est une nouvelle preuve.
Poches vides
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Voici une nouvelle note d’agence de notation qui signifie, en filigrane, que la France est considérée comme un périphérique dans le marché européen, en tout cas en matière de défaut. La nouvelle publication de Standard & Poor’s fait un bilan plutôt positif sur l’évolution des défauts des entreprises spéculatives en Europe l’an passé : onze émetteurs ont fait défaut, soit un taux de 5,9%, contre 7,2% sur l’année 2012. Les entreprises notées s’en sortent logiquement mieux (4,7%) que celles dont le crédit est privé (6,9%). Au total, le montant de dette concernée est de 10,4 milliards d’euros, un ratio de 2,7% et un point bas depuis 2007.

Cette tendance est certes aidée par un marché de la dette particulièrement bullish, de plus en plus de sociétés se rendent sur les marchés pour se refinancer, si bien que la proportion d’émetteurs les moins biens notés (CCC  ou cc, selon S&P) a reculé à 9,5%, une première depuis fin 2009. Mais S&P relève que les CLO des années 2007-2008 continuent à sortir de leur période de réinvestissement, que les LBO trop leveragés de 2006-2008 renégocient difficilement leur structure de dette ou encore que les banques, obnubilées par la revue des actifs bancaires (AQR) de la Banque centrale européenne, sont particulièrement frileuses en ce moment. Tout cela devrait aboutir à un taux de défaut, en baisse légère mais continue, de 5,2% d’ici à mars 2015, selon S&P.

Reste le cas de la France, qui n’est pas classé dans les pays vertueux comme la Grande-Bretagne et l’Allemagne, mais qui contribue à faire monter le taux moyen de défaut. Ainsi, alors que les deux premiers ont des taux inférieurs à 5%, la France dégage encore un taux moyen de 7%, certes en baisse sensible sur les 11,1% accusés fin 2012.

Huit entreprises, toutes non notées par S&P, ont fait défaut l’an passé, pour un montant moyen de dette de 750 millions d’euros (2,4 milliards au maximum, 180 millions au minimum). Ce niveau assez élevé reflète, selon S&P, la « sous-performance relative de l’économie française, et la réticence des créanciers seniors à reconnaître la fragilité structurelle de nombreuses sociétés surendettées en France au cours des dernières années ».

Les sociétés françaises ont une tendance à la politique de l’autruche et tardent à décider les difficiles restructurations financières qui s‘imposent, explique en somme S&P. Une situation qu’a pourtant cherché à combattre le droit français des procédures collectives, avec la mise en place de procédures amiables (mandat ad hoc, conciliation) et de la sauvegarde, destinés à protéger la société pendant les négociations. Mais sans elles, les choses vont très vite, comme cela a été le cas il y a quelques jours, avec le dépôt de bilan et la mise en redressement judiciaire d’Ascometal. Le groupe sidérurgique de 1900 personnes avait été racheté par le fonds Apollo en 2011, qui y a adossé une dette de 360 millions de dollars apportée par Bank of America et Morgan Stanley. La crise de l’industrie européenne l’a rapidement empêché de rembourser ses échéances et, après de longues discussions, actionnaire et créanciers ont finalement échoué à trouver un terrain d’entente sur des questions de gouvernance. Ascometal signe le troisième plus gros dépôt de bilan depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir, après FagorBrandt et Mory Ducros.

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