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Grèce : l'embellie n'est pas pour demain

Alors que les banques grecques continuent leur chute à la Bourse d’Athènes, l’accord sur le nouveau plan d’aide semble être en bonne voie pour être signé à la fin du mois. Un accord dangereux pour le pays selon le thinktank britannique NIESR.
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Les banques grecques continuent leur dégringolade : elles ont encore perdu en moyenne 30% de leur valeur le deuxième jour de la réouverture de la Bourse d’Athènes et encore 20% actuellement ce mercredi. Ces établissements ont été durement frappés ces derniers mois par une économie tournant au ralenti, la fuite des dépôts, l’augmentation du nombre de défaillants et le contrôle des capitaux mis en place par le gouvernement grec à la fin du mois de juin. "Les valeurs bancaires sont celles sur lesquelles nous avons le plus de doutes. Leur reprise va dépendre de la recapitalisation des banques", a reconnu Konstantinos Botopoulos, président de la Commission grecque des marchés, alors que la Bourse d’Athènes a enregistré un léger repli de 1,22% mardi, loin de son record de baisse historique de la veille (-16%).

Cette recapitalisation dépendra en grande partie du nouveau plan d’aide accordé à la Grèce par ses créanciers internationaux. En effet, de ces 82 milliards d’euros, 25 milliards seront utilisés pour recapitaliser les banques, d’où l’urgence des deux parties pour signer l’accord dans les plus brefs délais : « Tous les rapports qui me parviennent me laissent penser qu'il sera possible de conclure un accord au cours du mois d'août, de préférence avant le 20 août » a affirmé aujourd’hui le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans un entretien pour l'AFP. Tandis que le ministre des finances grec, Euclide Tsakalotos, a assuré mardi que les discussions se déroulaient mieux que prévu, « tout sera conclu cette semaine » selon ses mots, après une nouvelle réunion avec des représentants du FMI, de la Commission européenne, de la BCE et du Mécanisme européen de stabilité (MES).

Mais, quid de ce nouveau plan d’aide ? Un problème important sur lequel s’est penchée une étude du célèbre thinktank britannique The National Institute of Economic and Social Research (NIESR) pour qui l’économie grecque devrait subir des dommages à la suite des nouvelles mesures d'austérité exigées par ses créanciers et pourrait rester en récession de longues années. La hausse de la TVA entraînera nécessairement une chute de 1% du PIB en 2016 tandis qu’un effacement de la dette semble inévitable pour atteindre l’objectif d’une réduction de la dette à 120% du Pib en 2020, selon le thinktank. « Selon notre modélisation, rétablir la viabilité de la dette exige un effacement de la dette équivalant à au moins 55% du Pib, plus que l'estimation de 30% du FMI », soit environ 95 milliards d’euros sur les 320 milliards de la dette grecque.

NIESR a également averti que la descente de l'économie dans une profonde récession entretiendrait le chômage pour le maintenir à un niveau supérieur à 20% de la population active, même en cas de reprise de l'économie. La pénurie de capitaux et le risque de sortie de l'euro devraient également impacter les investissements, tandis que les impôts plus élevés vont intensifier la pression sur les revenus des ménages. "Nous ne voyons pas la Grèce revenir au niveau où elle était quand le pays a rejoint l'euro en 2001, et encore moins à celui d’avant crise. Donc cela implique une récession grave et prolongée pour la Grèce ", a commenté Jack Sens, chercheur au NIESR.

Même si la tendance en ce moment au Royaume-Uni n’est pas pro-européenne, de nombreux économistes rejoignent d’ailleurs cette pensée et ces chiffres montrent que la crise de la dette grecque est loin d’être terminée.

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