Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
Les entreprises chinoises en difficulté
Les bons chiffres de la balance commerciale chinoise révélant un excédent commercial de 60,6 milliards de dollars pour le mois de février ne sont pas le résultat d’une reprise de l’économie chinoise. Ils résultent plutôt d’une faible demande intérieure diminuant les importations et de l’accélération des livraisons des exportateurs chinois pressés de terminer avant les longs congés du Nouvel an lunaire débutés le 19 février.
Car l’économie réelle de la Chine est loin d’être à son sommet. Les entreprises chinoises sont confrontées à de forts endettements, des coûts de financement élevés, une faible profitabilité due à des surcapacités dans certains secteurs et une confiance en l’avenir amoindrie : 62% des entreprises interrogées par Coface s’attendent ainsi à un ralentissement de la croissance en 2015.
L’étude de Coface révèle également une hausse du nombre d’entreprises observant un retard moyen supérieur à 90 jours : elles représentent dorénavant 19,6% contre seulement 17,8% en 2013 et plus de la moitié (57,6%) ont constaté une augmentation du nombre de retards de paiement au cours de l’année dernière. Ces résultats sont en ligne avec ceux des prêts non performants publiés par la China Banking Regulatory Commission: le ratio de PNP a atteint 1,25% à la fin de 2014 confirmant la conjoncture économique difficile à laquelle la Chine doit faire face. La métallurgie reste un secteur d’inquiétude pour le pays et trois autres secteurs sont qualifiés à haut risque avec une détérioration de leur expérience de paiement et de leur performance financière à savoir la chimie, la construction et le papier bois.
Les décideurs politiques tentent de contrer cette tendance en instaurant des mesures d’assouplissement de la politique monétaire en période de liquidité serrée, mais les analystes ne se montrent pas confiants sur la capacité à redistribuer ces nouveaux fonds aux secteurs qui en ont le plus besoin et d’autres préoccupations sur la pression du crédit seraient en vue, comme le souligne Rocky Tung économiste de Coface pour la région Asie-pacifique : « Des mesures non conventionnelles pouvant contribuer à orienter l’excédent de liquidités vers l’économie réelle, et plus particulièrement en direction des PME, sont en cours, mais lorsque les responsables politiques chinois mènent des réformes structurelles et financières, il faut s’armer de patience. Il faudra encore attendre avant que des résultats fructueux puissent être récoltés à moyen terme.»
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

