Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
Grèce: les quatre scénarios possibles
La situation grecque devient plus que pressante alors que les ministres européens se réunissent une énième fois pour discuter des réformes présentées par le gouvernement hellène aujourd’hui à Bruxelles. Fin juin, le second plan d’aide européen arrivera à échéance et le pays ne recevra plus aucun sou de ses partenaires, à moins qu’il n’ait trouvé un accord qui convienne d’ici là. A priori, la rencontre d’aujourd’hui devrait encore se solder par un échec et les négociations remises aux calendes grecques. Sauf que cette fois-ci, le gouvernement n’a plus tellement le choix : il doit rembourser 750 millions d’euros demain au FMI et encore 200 millions environ d’ici à fin mai. C’est sans compter les 2,8 milliards d’obligations à ré abonder et les 1,7 milliard pour le traitement des fonctionnaires et le paiement des retraites d'ici à fin mai également. Il ne restera ensuite que la date du 15 juin, ultime réunion de l’Eurogroupe pour trouver une solution avant que l’aide financière accordée à la Grèce n’expire. Sachant qu’elle aura besoin de près de 13 milliards pour d’autres remboursements du même type en juillet août. Quels sont donc les scénarios possibles d’ici à fin juin ?
Selon UBS, la première solution et la plus optimiste, serait que les créanciers et Athènes parviennent à un accord in extremis, qui permette à la fois le déblocage de la dernière tranche d’aide du deuxième plan, de 7,2 milliards d’euros, ainsi que la mise en place d’un troisième programme de bail out assorti d’une liste précise des réformes à mettre en place. Avec bien sûr en contrepartie, un suivi régulier de la part du FMI et de responsables européens. C’est le scénario central défendu par la banque suisse, qui précise tout de même que les risques que les négociations n’aboutissent pas sont en hausse. « Avant que nous parvenions à un accord, les pourparlers seront tendus et les marchés seront très volatils », explique UBS. Seconde possibilité pour le pays, un défaut sans sortie de la zone euro. Etant donné la lenteur des négociations, il est probable que le pays ne parvienne pas à rembourser certaines de ses échéances des prochaines semaines : elle serait donc en situation de défaut partiel, qualifié par les agences de notation de « selective default ». Dans un tel schéma, le maintien du pays dans la zone euro dépendra de plusieurs facteurs : et notamment des titres sur lesquels le pays fait défaut, de la réaction de la BCE et de la durée du défaut.
Troisième option, la Grèce sort rapidement de la zone euro après avoir fait défaut. Si les négociations s’enveniment et qu’aucun accord n’est trouvé, un défaut sera inévitable selon UBS et la BCE devra couper son assistance d’urgence ELA. Ce qui entraînera un bank run qui obligera le gouvernement à mettre en place des contrôles de capitaux. Quatrième et dernier scenario, un système d’IOU (monnaie locale) se met en place afin de permettre au gouvernement de payer ses prochaines échéances. Selon UBS il est possible que le gouvernement ait déjà commencé à émettre sa propre devise pour procéder aux paiements courants et qu’elle pourrait étendre cette utilisation aux salaires des fonctionnaires et des retraites. Plus le nombre d’IOU en circulation augmentera, plus cette devise sera progressivement intégrée au système financier et plus les grecs l’utiliseront pour payer leur propre dépenses, créant de fait une monnaie parallèle. Ce qui in fine conduirait au même résultat que l’option 3, à savoir un défaut, la fin de l’ELA et une sortie de la monnaie unique, conclut UBS.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

