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IPO / Lise / IPO / Mark Kepeneghian

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Lise / IPO / Mark Kepeneghian

Lise veut bâtir une Bourse sur-mesure pour les PME et ETI / Une infrastructure de marché à la dimension partenariale qui se construit pas à pas

Pour pousser les PME et les ETI à envisager la Bourse comme une solution de financement, tout en permettant aux investisseurs d’avoir accès à une palette d’entreprises spécifiques, pour l’heure installées dans le paysage du non coté, Lightning Stock Exchange (Lise) ambitionne de créer une nouvelle infrastructure de marché qui répondrait tout particulièrement à leurs besoins particuliers. Le but : réduire amplement les coûts d’introduction en Bourse et de maintien de cotation grâce à la technologie et un cadre réglementaire innovant. En cours de demande d’agrément de système et de règlement (SNR DLT) au sens du Règlement Régime Pilote, un processus exigeant, Lise espère pouvoir signer prochainement sa première opération.
Mark Kepeneghian, fondateur de Lise. DR
Mark Kepeneghian, fondateur de Lise. DR

Alors que les introductions en Bourse françaises peinent sérieusement à décoller depuis le début de l’année 2025, Lightning Stock Exchange (Lise) veut se présenter comme une solution pour les PME et ETI qui n’oseraient pas encore franchir le cap. " Une Bourse traditionnelle a une chaîne d’intermédiation de sept acteurs, qui assurent le bon fonctionnement des négociations et du règlement-livraison. Notre objectif est d’unifier cette infrastructure d’un point de vue technique, grâce à la tokénisation, afin de réduire les coûts payés par les émetteurs. Cela nous permettra de cibler ceux pour qui les IPOs – et le maintien de leur cotation – sont trop coûteuses", explique Mark Kepeneghian, directeur général de Lise et co-fondateur de la fintech Kriptown, sa maison mère, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

Créer une infrastructure de marché ne s’improvise cependant pas. Lise est en cours de demande d’agrément de système et de règlement (SNR DLT) au sens du Règlement Régime Pilote, issu d’une série de mesures relatives à la finance numérique en Europe et visant l’émission, l’enregistrement, le transfert et le stockage d’instruments financiers "tokénisés". "Ce serait une première en France C’est un processus assez atypique et exigeant, ce qui se comprend aisément. L’agrément est distribué par l’ACPR, mais il a également besoin de récolter l’avis ou les opinions de l’AMF, de la Banque de France, de l’ESMA et de la BCE", souligne Mark Kepeneghian, rappelant néanmoins que la tokénisation des actions qui seront cotées sur Lise est un avantage technique : cela ne changera rien pour les investisseurs et les émetteurs

 

Du choix et de moindres frais

 

Pour les premiers, Lise promet finalement l’accès à une vaste palette de choix d’investissements, d’entreprises pour l’heure installées dans le paysage du non coté. De quoi venir enrichir l’offre d’actifs éligibles au PEA-PME pour ceux qui en ont déjà ouvert. Pour les seconds, l’argument sera celui d’un coût global quatre à cinq fois moins élevé sur le maintien de cotation, mais surtout de l’ouverture du champ des possibles, en matière de financement, à celui de la Bourse, avec un coût de marché plus adapté à leurs tailles et leurs perspectives. "Les PME et ETI avec qui nous sommes en contact nous envisagent avant tout comme une manière d’élargir leur éventail de sources de financement. Quand vous êtes une PME industrielle, par exemple, les banques vous suivent sur nombre de projets avec de la dette. Mais il est aussi nécessaire d’avoir un coussin de fonds propres", détaille le dirigeant de Lise.

Les cibles d’entreprises restent les PME prêtes à devenir des ETI, ayant effectivement un projet concret à financer. À l’instar de celles opérant dans le secteur de la défense, soit la désormais connue base industrielle technologique de défense (BITD), dont les besoins significatifs de fonds propres ont récemment été mis en exergue. Un sujet qui avait déjà attiré l’œil de la fintech, elle qui collabore avec la Direction générale de l’armement (DGA) depuis plusieurs années. "Capitaliser les sous-traitants des industriels de la défense est dans l’intérêt de tout un chacun. La dimension de pouvoir investir son épargne dans des entreprises des territoires a aussi une importance pour les particuliers, au-delà du retour sur investissement. Le projet a donc eu de l’écho du côté de la DGA, qui nous met en contact avec les entreprises dont les besoins y correspondent", indique Mark Kepeneghian.

Une dimension partenariale inscrite dans l’ADN du projet de Lise, tout particulièrement avec les banques. "Nous voulons parler aux PME et aux investisseurs. Ils parlent de leur côté à leur banquier. Une infrastructure de marché à besoin des banques pour fonctionner", souligne-t-il. En témoigne, indique Mark Kepeneghian, le fait que les trois actionnaires bancaires de la maison mère de Lise, Kriptown, que sont Bpifrance, BNP Paribas et CACEIS, soient entrés à son capital sur leur bilan, et non au travers de fonds. De quoi signifier que le partenariat revêt effectivement d’un intérêt stratégique. Sous réserve d’être agréée, Lise envisage sa première IPO pour la fin de l’année 2025 ou le début de l’année 2026.

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