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Scor a su s’adapter et inverser la tendance en 2024 / La trajectoire de création de valeur pour 2026 reste solide

Si son résultat net a chuté par rapport à 2023, Scor a démontré en 2024 sa capacité à surmonter une année complexe, marquée par des ajustements techniques dans sa branche Vie et Santé. Dans ses activités dommages, l'impact des catastrophes naturelles est resté modéré, et les répercussions des incendies en Californie devraient, elles aussi, rester contenues.
Le résultat net de Scor a rebondi à 233 millions d’euros au quatrième trimestre 2024, dépassant les attentes - Photo by Julie SEBADELHA / AFP
Le résultat net de Scor a rebondi à 233 millions d’euros au quatrième trimestre 2024, dépassant les attentes - Photo by Julie SEBADELHA / AFP

C’est un fait : Scor a nettement mieux terminé l’année 2024 qu’il ne l’avait commencée. Le résultat net du réassureur a certes fondu, tombant à 4 millions d’euros, bien loin des 812 millions d’euros enregistrés en 2023. Un écart qui peut sembler frappant mais le simple fait de dégager un bénéfice, aussi symbolique soit-il, constitue un bel accomplissement comparé à la situation qui prévalait il y a quelques mois à peine, lorsque le groupe avait lancé en plein été un important avertissement sur son activité d’assurance santé et vie (L&H).

Celle-ci a affronté de sérieuses difficultés, en particulier en raison de la volatilité des sinistres de mortalité aux États-Unis. Mais le phénomène a également affecté d’autres marchés clé du groupe, comme le Canada, la Corée du Sud et Israël. La hausse du nombre de sinistres a entraîné des paiements plus importants et une détérioration des résultats techniques de la branche Vie et Santé. Les modèles statistiques sur lesquels s’appuie le réassureur pour évaluer les risques ont été pris en défaut et ont dû être revus en profondeur, contraignant Scor à procéder à des ajustements massifs de ses provisions.

 

Un quatrième trimestre meilleur qu'attendu

 

Il faut reconnaître à Scor le mérite d’avoir su contenir l’ampleur des difficultés, grâce à l’implication directe de son directeur général, Thierry Léger, qui a personnellement pris en main le redressement de ces activités. Avec succès. Déjà visible au troisième trimestre, ce redressement s’est fortement amplifié au quatrième où le résultat des activités d’assurance L&H est remonté à 119 millions d’euros, contenant la perte annuelle à 348 millions d’euros, contre 467 millions d’euros sur neuf mois.

Le groupe de réassurance a vu son résultat dans les activités d’assurance dommages (P&C) chuter de plus de 30 % au quatrième trimestre, tombant à 238 millions d’euros. Toutefois, la performance dans cette branche demeure solide, comme l’indique le ratio combiné de 83,1 % au quatrième trimestre 2024, qui rapporte les sinistres et les frais aux primes, ce qui témoigne d'une gestion rigoureuse.

Globalement, la qualité des performances réalisées au quatrième trimestre s’est avérée "meilleure que prévu ", note la banque Jefferies. Ce qui explique que le résultat net de Scor ait pu rebondir à 233 millions d’euros, en amélioration de 43% sur un an et supérieur de près de 20% aux anticipations du consensus.

 

Le coût des incendies en Californie estimé à 140 millions d'euros

 

La rentabilité technique s’est " améliorée à la fois en assurance dommages, soutenue par une baisse des pertes liées aux catastrophes naturelles, et en assurance vie et santé", poursuit Jefferies. L’impact des catastrophes naturelles est resté modéré, représentant seulement 6,4 % des primes. Sur l’ensemble de l’année 2024, ce ratio se chiffre à 9,4 %, meilleur que l’objectif de 10 %, confirmant ainsi une gestion maîtrisée des risques.

Quant aux incendies en Californie survenus en janvier, leurs répercussions devraient rester contenues. Leur coût estimé pour le groupe pourrait atteindre environ 140 millions d'euros, avant impôt et net de rétrocession, ce qui reste conforme au budget des catastrophes naturelles pour le premier trimestre 2025, a précisé Scor.

Ces événements ne devraient pas entraver la réalisation des ambitions du groupe inscrites dans son plan "Forward 2026", confirmées en décembre, qui prévoit notamment une croissance de la valeur économique (qui inclut la somme des capitaux propres du groupe et la marge générée par les contrats d'assurance) de 9 % par an à hypothèses économiques constantes pour les exercices 2025 et 2026.

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