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STMicroelectronics face à une reprise toujours retardée / Grand flou sur les perspectives 2025
La répétition d’un événement n’en atténue pas forcément la surprise. Ce ne sont pas les résultats des trois derniers mois de 2024 de STMicroelectronics, globalement conformes aux attentes, qui retiennent ce jeudi l’attention des investisseurs, mais les perspectives une nouvelle fois décevantes, concernant le trimestre suivant. Pour la période de janvier à mars 2025, le fabricant franco-italien de semi-conducteurs s’attend à perdre plus d’un quart de son chiffre d’affaires.
Ses ventes devraient chuter à 2,51 milliards de dollars, soit une baisse précise de 27,6 % en variation annuelle, et de 24,4 % en variation séquentielle. Ce recul ne sera pas sans conséquence sur la rentabilité, avec une marge brute attendue à environ 33,8 %, pénalisée par "environ 500 points de base de charges liées aux capacités non utilisées", indique le groupe dirigé par Jean-Marc Chéry. Des chiffres bien en-dessous des attentes du consensus, qui tablait sur un chiffre d’affaires de 2,7 milliards de dollars et une marge brute de 35,9 %.
Saisonnalité amplifiée
Le scénario prend une tournure presque systématique, sans que l’on puisse accabler la direction du groupe, qui navigue dans un environnement de marchés finaux qui peinent encore à redémarrer. On se souvient que lors de sa journée investisseurs de novembre, le groupe avait prévenu s’attendre à une année 2025 de transition, repoussant à 2030 ses ambitions financières initialement prévues pour 2025-2027, tout en se fixant de nouveaux objectifs intermédiaires pour 2027-2028. Et cela, après les deux avertissements successifs pour 2024 déjà lancés par le fabricant franco-italien de semi-conducteurs à l’occasion de la publication de ses résultats des deuxième et troisième trimestres.
Le début d’année 2025 souffre, il est vrai, d’un handicap de calendrier. "Nous nous attendions à ce que la baisse trimestrielle de nos revenus du premier trimestre 2025, par rapport au quatrième trimestre 2024, soit bien supérieure à notre saisonnalité normale. Cela s’explique en partie par un nombre inférieur de jours calendaires, puisque le premier trimestre comptera 6 jours de moins que la même période de 2024", a observé Jean-Marc Chéry, le directeur général du groupe, lors de la conférence de présentation des résultats aux analystes.
Mais surtout, les signes de reprise continuent de se faire attendre dans les deux principaux débouchés du groupe qui, pour rappel, sont au nombre de quatre : l’automobile, qui a représenté environ 46 % des ventes au quatrième trimestre, l’électronique personnelle (environ 21 %), l’industrie (20 %) et les équipements de communication et les périphériques informatiques (autour de 13 %).
Dernier avertissement ?
"Notre environnement commercial reste difficile, car nous continuons à faire face à une reprise tardive et à une correction des stocks dans le secteur industriel, ainsi qu’à un ralentissement dans le secteur automobile, tous deux en particulier en Europe", a indiqué Jean-Marc Chéry, le directeur général du groupe, lors de la conférence de présentation des résultats aux analystes. Conséquence, STMicroelectronics a terminé 2024 avec un ratio book-to-bill des prises de commande rapportées au chiffre d’affaires inférieur à 1.
Le climat d’incertitude est tel que le groupe a choisi de ne pas fournir de prévisions pour l’ensemble de 2025. De leur côté, les analystes s’apprêtent à réduire les leurs. Avant la publication, le consensus tablait sur un chiffre d’affaires de 12,8 milliards de dollars pour l’exercice débutant, avec une marge brute de 38,7 %. "Il est désormais probable que les ventes chutent sous les 12 milliards de dollars, avec une marge brute avoisinant les 36 %, ce qui pourrait entraîner une révision à deux chiffres, à la baisse, des prévisions sur le bénéfice par action", préviennent les analystes d’Oddo BHF.
Le bout du tunnel pourrait ne pas être si loin cependant. "Nous pensons que cette révision est probablement la dernière de ce cycle baissier", estime Jefferies, sans nier que "l’incertitude persistante concernant le calendrier de la reprise industrielle reste un sujet majeur de préoccupation". Les investisseurs partagent cette inquiétude, comme en témoigne la chute de l’action STMicroelectronics de 7 % jeudi, à 22,12 euros, la plus forte baisse du CAC 40.
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