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Société Générale : une nouvelle douche froide

Alors que le banque a profité du rebond des marchés, les commentaires de Frédéric Oudéa ont rappelé que ses difficultés sur les dérivés actions se prolongent. S'il a lancé la transformation de son modèle, il souffre de la comparaison avec ses concurrentes US.
Société Générale
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Trop vite, trop fort. A l’image de ce qui se passe sur les marchés ce mercredi, Société Générale a profité à plein de l’optimisme démesuré des investisseurs ces dernières semaines, qui ont misé sur une reprise en V, et la déception n’en a été que plus douloureuse. Celle-ci a eu lieu hier, lorsque le PDG de la banque, Frédéric Oudéa a prévenu, lors d’une conférence analystes, que les choses restaient difficiles sur son activité de dérivés actions, après un premier trimestre catastrophique. Il a ainsi indiqué que la banque avait continué à pâtir des annulations de dividendes, gros pourvoyeur de revenus, en avril et que le mois de mai avait subi un "rééquilibrage intense des couvertures".

Une nouvelle douche froide pour les investisseurs. Car si Société Générale avait subi l’opprobre lors de la publication de très mauvais résultats trimestriels, impactés par une perte de 200 millions d’euros sur son activité de dérivés actions en raison du krach des marchés, les dirigeants de la banque pensaient que le rebond des dernières semaines avait réglé ses problèmes. Mais ce serait oublier que ces produits, qui promettent des rendements garantis et sont encore plus sensibles à la volatilité des marchés, sont devenus trop risqués et doivent être revus en profondeur. C’est le message que Frédéric Oudéa – le seul patron français qui était déjà en place lors de la dernière crise financière – a voulu faire passer : "revoir la gamme de nos produits afin de limiter à l'avenir l'impact d'une éventuelle crise similaire et de voir comment nous pouvons peut-être réduire les coûts", affirmant que "l'élément coûts est absolument critique."

"Un bon électrochoc", selon Barclays, qui juge que le titre Société Générale avait bénéficié, comme ses pairs, du rallye des marchés, des programmes fiscaux et de la montée en puissance de la BCE, en hausse de 25% sur un mois. Certes, les perspectives s’améliorent : la levée du confinement va progressivement ramener les choses à la normale et la direction n’attend pas de dégradation de la qualité des actifs, et a confirmé son objectif de coût du risque de 70 à 100 points de base, en fonction des projections cette année. Mais Barclays a aussi révisé son objectif de bénéfice net par action en baisse de 20%, pour prendre en compte de nouvelles pertes sur les dérivés actions, tandis que les activités fixed income et change n’ont pas connu des volumes aussi élevés qu’au premier trimestre.

Si ce discours a pris des investisseurs encore euphoriques de court, les mauvaises performances de Société Générale en vue au deuxième trimestre ne sont pas si surprenantes. La banque a dû revoir ses prévisions d'une chute de 5,8 % à 11 % du PIB cette année, en passant de son scénario de base à un scénario de crise étendue. Le décalage n’en est néanmoins que plus béant avec ses concurrentes américaines, qui disent profiter à plein du rebond des marchés, à l’image de JP Morgan qui attend une hausse de 50% de ses revenus trading sur cette période, ou encore un rebond de 10 % pour Bank of America. Ce qui se traduit dans leurs performances : le titre Société Générale est inférieur de plus de 50% par rapport à fin février, tandis que JP Morgan a réduit sa chute à 25%, malgré le revirement des marchés ce mercredi.

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