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Forvia se redresse, la Chine résiste / Le désendettement avance plus vite que les ventes
Sur sa dette, Martin Fischer, le directeur général de Forvia, a un calendrier. Sur la Chine, il se garde d’en avancer un. Au troisième trimestre, l’équipementier automobile a réalisé un chiffre d’affaires de 5,08 milliards d’euros, en recul organique de 0,6 %, contre une baisse de 1,6 % de la production automobile mondiale, a-t-il annoncé lundi. Après avoir fait moins bien que le marché de 260 points de base au premier trimestre, puis de 60 points au deuxième, le groupe fait de nouveau mieux, de 100 points. Ce redressement lui permet de confirmer son objectif d’un chiffre d’affaires annuel de 20 à 21 milliards d’euros, en repli par rapport aux 21,3 milliards de 2025, alors que la production mondiale est attendue en baisse de 4,2 % au quatrième trimestre.
Des commandes chinoises en avance sur les ventes
Pour renouer véritablement avec la croissance, le groupe devra surtout redresser la barre en Chine. Les ventes y ont chuté de 17,2 % en organique, soit 11 points de moins que le marché local, contre 14 points au premier semestre. Le rebond de BYD ne lui profite que partiellement : « nous sommes sur certaines des plateformes qui ne se vendent pas aussi bien », a concédé le directeur général devant les analystes. Les constructeurs internationaux, en forte perte de vitesse dans le pays, pèsent encore la moitié des ventes chinoises du groupe. À l’inverse, les marques locales, qui assurent les trois quarts de la production automobile chinoise, concentrent désormais près de 80 % des commandes remportées par Forvia dans le pays depuis deux ans, notamment auprès de Chery, Geely ou Leapmotor. Quand ces succès commerciaux se traduiront-ils dans les ventes ? « Le calendrier exact, sur ce type de marché chinois volatil, je m’abstiendrais de le donner », reconnaît Martin Fischer.
Ailleurs, la dynamique est plus nette. L’Europe affiche une croissance organique de 4,1 %, tandis que l’Amérique du Nord devance le marché de 5 points. Electronics, l’activité électronique de Hella, l’équipementier allemand passé sous le contrôle de Forvia en 2022, progresse de 7 %, portée par les radars et la gestion de l’énergie. Seating, la fabrication de sièges, autre priorité stratégique du groupe, recule encore de 4,4 %, mais deux fois moins vite qu’au premier semestre. « Il faudra que de nouvelles commandes, de nouvelles affaires, se concrétisent au cours des prochains semestres pour vraiment retrouver une pleine croissance », admet le dirigeant. Clarion, l’activité japonaise d’infodivertissement embarqué, bondit de 22 %, sans figurer pour autant parmi les priorités d’investissement. Sur ce marché fragmenté, où Clarion n’est pas dans le trio de tête, Martin Fischer préfère réserver ses moyens à l’électronique de Hella.
Bras de fer sur les puces
Il faudra aussi défendre la rentabilité. Avec une marge de 6 % au premier semestre et un objectif annuel de 6 à 6,5 %, le second semestre doit faire au moins aussi bien. Or Hella, filiale à 82 %, a vu son résultat d’exploitation reculer d’environ 20 % au troisième trimestre à chiffre d’affaires quasi stable, observe UBS. Surtout, les prix des puces mémoire et des circuits imprimés flambent. Forvia en achète pour 250 à 300 millions d’euros aux prix de 2025, et ces composants échappent, contrairement aux matières premières, aux clauses d’indexation : chaque compensation se négocie avec les constructeurs. « Nous ne pouvons pas absorber ce coût », prévient Martin Fischer, qui entend obtenir de ses clients une compensation de ces hausses de prix. La capacité du groupe à tenir ses objectifs de marge et de trésorerie au quatrième trimestre va donc rester un point de vigilance.
Le bilan, lui, avance selon le plan. La cession d’Interiors à Apollo doit être bouclée d’ici fin décembre et réduire la dette nette de plus de 1 milliard d’euros. Celle-ci passerait sous 4,5 milliards, contre 6 milliards fin 2025, pour un levier d’environ 1,5 fois l’Ebitda, et l’essentiel des échéances de 2027 serait couvert. La génération de trésorerie prendra ensuite le relais. « Nous atteindrons 1,2 fois en 2028 sans nouvelles cessions », assure le directeur général, qui dit continuer à passer son portefeuille en revue sans que rien ne presse.
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