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exclusif Le coup de poker de Blackberry

EXCLUSIF. Le spécialiste canadien de la téléphonie mobile a abandonné l'hypothèse d'une reprise du groupe et s'adresse directement aux marchés : manoeuvre de dernière chance ou habile tentative pour gagner du temps ?
Le canadien Blackberry a renoncé à l'offre de reprise de l'assureur Fairfax Holdings, d'un montant de 4,7 milliards de dollars et qui arrivait à échéance hier. Plutôt que de s'adresser à des repreneurs, Blackberry a annoncé faire le pari du marché en s'adressant directement aux investisseurs institutionnels. L'entreprise espère ainsi lever un milliard de dollars, par l'intermédiaire d'un placement privé d'obligations convertibles. Il s'agit désormais pour Blackberry de gagner du temps. Au T3, le chiffre d'affaires du groupe a été divisé par deux, à 1,6 milliard de dollars, et sa perte s'est élevée à 965 millions de dollars, plombée par un stock d'invendus d'environ 930 millions. En outre, le groupe a brûlé 500 millions de dollars de cash en trois mois, faisant tomber sa trésorerie nette à 2,7 milliards de dollars. En d'autres termes, la levée de fonds présentée par le groupe est l'opération de la dernière chance pour un groupe aux abois dont la capitalisation boursière est passée de 80 milliards de dollars en 2008 à moins de cinq milliards désormais. Mais ce pourrait être également un coup de poker de la part de Blackberry afin d'accroître la pression sur les repreneurs potentiels afin que ceux-ci relèvent leurs offres, jugées insuffisantes. Rappelons qu'hormis Fairfax plusieurs pistes étaient à l'étude pour reprendre BlackBerry : les deux cofondateurs du groupe, Mike Lazaridis et Douglas Fregin ; le fonds d'investissement Cerberus Capital Management associé au fabricnt de puces Qualcomm ou encore le chinois Lenovo. Au rang des rumeurs, on retrouvait également plusieurs noms bien connus dont les américains Cisco Systems,Google et Facebook. Loin d'être rassurés par cette annonce, les investisseurs ont liquidé leurs positions sur le titre qui a dévissé de 16% hier à la bourse de Toronto. Il faut dire que Blackberry propose aujourd'hui des schémas de survie financière, mais ne présente aucune orientation stratégique, si bien que l'on voit mal comment l'entreprise, qui a raté de nombreux virages technologiques -dont ceux des applications et du tactile- pourrait s'imposer face à Samsung, Apple et Google.
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