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exclusif La distribution à la croisée des chemins

EXCLUSIF. Dans son panorama sectoriel, la Coface met en évidence la nécessaire mutation de la distribution vers un modèle "hybride". Mais les coûts supplémentaires et la concurrence vont comprimer les marges.
Contrairement à l'Amérique du Nord et à l'Asie émergente, pas un seul des 14 secteurs couverts par une étude de la Coface ne présente un risque de crédit modéré en Europe. Si l'automobile, la construction-surtout en Espagne et en Italie-, l'électronique et la métallurgie concentrent la majeure partie des inquiétudes, l'assureur-crédit focalise son attention sur la distribution, dans son panorama sectoriel. Alors qu'elle représente encore 18,6% du PIB de la France et qu'elle reste toujours l'un des piliers des économies développées, la distribution a connu en 2012 une année difficile. Outre une croissance faible -seulement 1,6% l'an passé-, ce sont surtout les défaillances de grandes enseignes comme Surcouf, HMV, Game Group ou encore Virgin, qui ont mis en évidence les difficultés rencontrées par le secteur. Des faillites qui s'expliquent, avant tout, par le boom du numérique et l'incapacité des opérateurs traditionnels à répondre au nouveau défi posé par l'éclosion de la vente en ligne, selon les économistes de la Coface. Bien qu'il ne représente -encore- que 8% de la distribution mondiale, le e-commerce a doublé son chiffre d'affaires entre 2007 et 2011, passant de 357 milliards à 679 milliards d'euros. Toutefois nombre d'acteurs du commerce en ligne, et surtout les plus petits, sont loin d'être à l'abri des turbulences. Il faut dire que l'an passé, plus de 117 000 vendeurs en France -chiffre en augmentation de 230% depuis 2007- se sont partagés un même gâteau, ce qui comprime les marges et la rentabilité. Amazon, le plus grand acteur mondial du e-commerce, ne disposait que de 1,8% de la part globale du chiffre d'affaires de l'activité en 2011. De plus, de nouveaux coûts -marketing et logistique- sont apparus dans la distribution électronique, précise Nicolas de Buttet, directeur de l'arbitrage Europe de l'Ouest à la Coface. De quoi favoriser les sites les plus mûrs qui sont souvent, comme Cdiscount avec Casino, adossés à des grands groupes et disposant d'une assise financière plus large. Pour survivre, les acteurs "pure players" et traditionnels vont donc devoir migrer vers un modèle d'affaires "hybride", mêlant à la fois distribution physique, en boutique et vente en ligne, précise l'assureur-crédit. Ce que les gros acteurs comme Nespresso, avec ses "concepts stores", ont déjà bien compris.
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