A petites banques, petits remboursements
EXCLUSIF.
Les banques, qui ont participé à la deuxième LTRO, ne rembourseront mercredi que 61,1 milliards d'euros sur les 529 milliards empruntés. Soit moitié moins que pour la première LTRO.
C'est moins qu'attendu par le consensus. La Banque centrale européenne a indiqué vendredi que 356 banques allaient rembourser mercredi 61,1 milliards sur les 529 milliards d'euros empruntés lors de la seconde LTRO de février 2012. Soit un remboursement inférieur aux prévisions (130 milliards d'euros, selon Reuters), mais aussi bien moindre que les 137,16 milliards d'euros rendus fin janvier dans le cadre de la première LTRO.
Lors de la première vague de remboursement de janvier, les analystes avaient salué le signal positif envoyé aux marchés, puisque les banques semblaient avoir moins besoin de liquidités. Comme les sommes qui seront rendues la semaine prochaine étant moins importantes, cela montre que les établissements ont donc encore du mal à avoir des conditions de crédit satisfaisantes. "C'est un peu un ajustement. (...) On commence à rembourser, puis on se rend compte de ce dont on a besoin", commente Clemente de Lucia, économiste chez BNP Paribas. Pour lui, ce remboursement graduel prouve que la LTRO a été une opération rentable et qu'il n'est pas encore opportun d'en sortir. "Il y a un peu d'incertitudes, donc on garde des liquidités".
Ces chiffres rappellent également que le profil des banques emprunteuses n'a pas été le même d'une opération à une autre. "La deuxième LTRO avait été plus importante que la première, et beaucoup de banques de petite taille y avaient participée", explique l'analyste. En effet, 529 milliards d'euros ont été alloués à 800 banques lors de cette opération, contre 489 milliards d'euros pour 523 établissements lors de la LTRO de décembre 2011. "Les plus petites banques ont plus de mal à aller sur les marchés (...) Garder ces liquidités reste donc avantageux pour elles", ajoute Clemente de Lucia.
A priori, les conséquences sur l'euro devrait être limitées. En effet, si les banques avaient remboursé en masse la BCE, cela aurait été le signe d'un retour de confiance, qui aurait pu faire s'apprécier la monnaie unique. A l'inverse, l'euro ne devrait pas non plus flancher puisque l'excédent de liquidités de la zone euro est en baisse. Selon les calculs de Reuters, il s'élève à 500 milliards d'euros, contre 600 milliards avant le premier remboursement.
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17/09/2021 - 10:31

