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exclusif 2012 : un bon millésime pour l'industrie agroalimentaire

EXCLUSIF. L'observatoire financier des industries agroalimentaires, publié par le Crédit Agricole, révèle une hausse de l'activité des entreprises du secteur avec un chiffre d'affaires en hausse de 8,4% l'an dernier en France.
L'économie va mal, c'est un fait ; la croissance molle est bien là mais l'industrie agro-alimentaire est parvenue à résister à cette conjoncture économique plus que morose. En 2012, le secteur français a ainsi vu son chiffre d'affaire progresser de 8,4%. Cette croissance s'explique notamment par les cours élevés des matières premières -le cours du blé meunier a par exemple grimpé de 20% l'année dernière- mais également par la recherche de relais de croissance à l'international. Cependant toutes les filières n'enregistrent pas des gains similaires ; ainsi la filière céréales contribue à 70% de la hausse de chiffre d'affaires enregistrée par le secteur dans son ensemble, notamment en raison de la forte volatilité des cours céréaliers, quand la filière lait n'enregistre qu'une hausse de 0,7% de son chiffre d'affaires. Autre enseignement : il existe une forte disparité dans les entreprises du secteur. Moins d'un pourcent d'entre elles réalise 80% du chiffre d'affaires du secteur. On notera également la polarisation géographique du secteur ; 25% de l'activité se concentre dans le Grand-Ouest français (Bretagne Basse Normandie et Pays de la Loire). L'étude révèle également des différences notables en termes de marge. Si les gains de productivité permettent à la plupart des filières de maintenir leurs marges, ce n'est pas le cas de la filière Viandes dans laquelle près d'un quart des entreprises enregistrent des pertes. Le taux de marge de celle-ci atteint péniblement les 30% quand la filière Vins côtoie les 40%. La taille critique des exploitations constitue aujourd'hui la problématique majeure du secteur. Dans le cadre d'une croissance économique morose, le besoin en fonds de roulement élevé (57 jours de chiffres d'affaires) est clairement un handicap, dû en grande partie aux charges de structures élevées des exploitations agricoles (notamment dans la filière Viandes). Les entreprises réalisant 50 à 500 millions d'euros de chiffres d'affaires sont particulièrement affectées par ces charges. D'autant plus qu'elles ne peuvent généralement pas s'appuyer sur le développement de marques fortes à l'international et sont trop volumineuses pour jouer la carte de la tradition et du terroir, qui bénéficie davantage aux petites entreprises.
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