Renault profite de l'appétit pour les dim-sum
EXCLUSIF.
Le constructeur automobile a levé 750 millions de yuans d'obligations en monnaie chinoise, dont 45% auprès d'investisseurs étrangers. Après un coup d'arrêt fin 2011, ces produits sont de retour.
Les investisseurs internationaux qui ont faim de rendement se tournent de plus en plus vers les émissions d'obligations "dim-sum" par des émetteurs étrangers. Renault a ainsi levé hier 750 millions de yuans (94,4 millions d'euros) de titres seniors non sécurisés à trois ans, au taux de 4,65%. Pas moins de 60 investisseurs avaient même placé des ordres pour plus de 1,2 milliard de yuans dans le cadre de cette opération. Et selon les informations du "term sheet" consulté par Reuters, 45% du montant total a été alloué à des investisseurs non chinois: Singapour (24%), l'Europe (9%) et la Suisse (8%). Les gérants de fonds et banques privées ont représenté la plus grande part des investisseurs (62% et 24%), suivis par les banques (8%) et les hedge funds (3%).
Les rendements obtenus par Renault montrent un retour de l'appétit pour ces produits depuis quelques mois. En octobre dernier, le constructeur automobile avait levé 750 millions de yuans à deux ans à 5,62%, puis avait ensuite augmenté l'enveloppe à 1,25 milliard de yuans.
Les actifs en yuans apparaissent de plus en plus attractifs pour les investisseurs étrangers, dans un contexte de taux bas. Cette année, environ 3,35 milliards de dollars d'obligations dim-sum ont été émis, contre 3 milliards l'an passé. "Le marché a connu un coup d'arrêt fin 2011, et a été très ralenti l'an passé car les investisseurs demandaient des rendements beaucoup plus élevés que ce que les émetteurs étaient prêts à payer. Maintenant, les attentes se sont rapprochées", commente Clifford Lee, patron du fixed income chez DBS Group Holdings.
Les investisseurs ont été refroidis par l'arrêt de l'appréciation de la monnaie chinoise, qui a perdu 1% sur les six premiers mois de 2012, après avoir gagné 9,3% les deux dernières années. Les obligations dim sum ont suivi ce rythme, en reculant de 1,4% au premier semestre, avant de se ressaisir et d'afficher un retour global de 7,63% sur l'année. En 2013, elles affichent déjà un rendement de 2,09%. Les perspectives de croissance sont désormais optimistes, tout comme l'orientation du yuan, qui a déjà gagné 1% cette année. Par ailleurs, la Banque Populaire de Chine, la banque centrale du pays, a relevé son taux de parité central, une médiane de l'évolution que doit suivre sa monnaie. Enfin, les contrats de swaps de devises ont grimpé, ce qui avantage les investisseurs exposés au yuan.
Reste que certains candidats de la première heure à l'émission d'obligations dim-sum, comme Caterpillar, McDonald's ou BP, craignent encore de passer à l'acte, car le marché est encore peu profond et n'offre que des maturités proches. Il faudra encore quelques opérations à succès comme celle de Renault pour entraîner les émetteurs occidentaux vers ces produits exotiques.
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17/09/2021 - 10:31

