Les banques grecques au guichet de l'ELA
EXCLUSIF.
Les principales banques hellènes ont publié des revenus de prêts en hausse alors que leur niveau de dépôt s'est réduit comme une peau de chagrin.
Derrière des résultats pas si catastrophiques, les banques grecques cachent d'importants retraits de dépôts. Heureusement que la Banque Centrale Européenne et la banque centrale grecque sont venues à leurs secours.
En effet, malgré le coût du plan de sauvetage du pays, Eurobank EFG (qui vient de fusionner avec Alphabank), se félicitait lors de la présentation de ses résultats du premier semestre d'avoir bénéficié de "davantage de revenus de prêts à de coûts plus faibles". Piraeus Bank affichait le même optimisme. Sa profitabilité a augmenté au premier semestre, malgré des conditions de marché défavorables.
Il ne faudrait pourtant pas se réjouir trop rapidement, souligne une étude de Citigroup. Apparemment, les banques hellènes génèrent encore du profit. Mais selon les estimations des économistes, les six principales banques du pays ont perdu plus de 18 milliards d'euros de dépôts au deuxième trimestre.
Car les épargnants s'inquiètent de l'exposition des banques à la dette souveraine du pays et ont massivement retiré leur argent. Ce mouvement a entraîné une forte hausse des taux de refinancement et un accès de plus en plus difficile des banques au marché de capitaux.
Selon Citigroup, plus des deux tiers des pertes de dépôts ont été compensées par des prêts de la BCE et plus récemment par des prêts de la banque centrale grecque, qui a été contrainte d'activer la semaine dernière, un dispositif d'assistance d'urgence à la liquidité (Emergency Liquidity Assistance).
Ces prêts sont octroyés à des taux de respectivement 1,5% et 3,5%, bien inférieurs à ceux auxquels les banques se prêtaient entre elles. "Remplacer les prêts plutôt chers par un refinancement bon marché auprès de la BCE et de l'ELA a permis aux banques d'afficher des revenus d'intérêt en nette hausse, ce qui est à priori surprenant. "
Les banques grecques ont pour l'instant annoncé qu'elles subiraient une décote de 5 milliards d'euros sur les 58 milliards de titres grecs auxquels elles sont exposées. Mais selon les analystes de Citigroup, elles devraient en réalité subir 16 milliards d'euros de décote supplémentaire, en prenant en compte la valeur de marché pour déprécier leurs titres d'Etats grecs.
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17/09/2021 - 10:31

