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Taux-dette souveraine / Macro-économie
L'Etat français fait les frais de la remontée des taux
Les taux souverains de la zone euro ont sensiblement grimpé depuis le début de l'année, tirés notamment par la hausse du rendement des Treasuries, qui a dépassé hier les 2,7%. Si cette remontée des taux résulte en grande partie de l'accélération de l'économie mondiale, et est donc un signal positif en soi, une hausse trop rapide des rendements serait douloureuse pour les pays les plus endettés. A commencer par la France, qui a levé ce matin pour 8,874 milliards d'euros à long terme, à des taux en forte hausse par rapport aux dernières émissions de même échéance.
L'AFT a ainsi levé pour 3,621 milliards d'euros de titres à 10 ans, à un taux de 0,98%. Début décembre, l'agence française de la dette avait levé des titres à neuf ans à un rendement de 0,36%. Depuis lors, les taux souverains de l'Hexagone se sont tendus de 46 points de base pour les titres à dix ans, de 32 points de base environ pour les obligations à 15 ans et de 17 points de base sur les échéances à 50 ans. La hausse des taux a donc été moins importante sur la partie longue de la courbe, que l'Etat a choisi d'abonder ce matin.
Il a ainsi levé pour 3,310 milliards d'euros à échéance mai 2034 (16 ans) à un rendement de 1,33% et pour 1,94 milliard à échéance mai 2066 (48 ans) à un taux de 1,91%. A titre de comparaison, début décembre, l'AFT avait levé des titres à échéance 2039, soit à plus long terme que les échéances 2 034 de ce matin, à un taux de 1,27%, soit inférieur aux rendement offert ce matin. La remontée des taux a en tous cas permis d'attirer les investisseurs, puisque la demande a été deux fois supérieure à l'offre sur l'OAT dix ans (et de 1,3 et 1,2 fois supérieure pour les deux autres échéances).
Si le gouvernement a prévenu, dans le PLF dévoilé en septembre dernier, que toutes les dépenses de l'Etat n'étaient pas "pilotables", citant notamment la charge de la dette, il a heureusement basé son hypothèse sur un scénario de taux assez pessimiste, qui lui laisse donc des marges de manoeuvre en cas d'accélération de l'inflation et de la hausse des rendements. Le scénario retenu repose ainsi sur une remontée progressive des taux à moyen-long terme, de 0,75 point de base par an, avec un dix ans situé à 1,85% fin 2018 (contre 0,9% aujourd'hui), soit le niveau actuel des titres français à 50 ans, et contre 0,7% en moyenne sur l'an dernier. Compte tenu de ces hypothèses, la charge de la dette devrait atteindre 41,2 milliards d'euros cette année, selon le gouvernement.
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