Les titres italiens sous pression
EXCLUSIF.
Le rendement des obligations italiennes est en hausse, sur fond de reprise des tensions politiques et alors que le pays doit émettre pour 12,5 milliards d'euros d'ici vendredi.
Le rendement des titres italiens est sous pression, alors que le parti de centre droit PLD menace de faire sauter la fragile coalition au pouvoir. La reprise des troubles politiques dans le pays semble donner raison à Christine Lagarde qui, dans une interview télévisée à Bloomberg à l'occasion du sommet de Jackson Hole hier, s'est montrée très prudente quant au rétablissement du Vieux Continent. Elle a estimé que le redémarrage restait fragile et que l'Europe n'était pas encore sortie d'affaire. L'instabilité chronique des pays périphériques est notamment un des facteurs qui pourrait faire replonger la zone euro.
Or depuis lundi, les taux italiens à dix ans se sont sensiblement tendus, après des discussions animées entre les partis au pouvoir ce week-end. Le taux des obligations italiennes a ainsi augmenté de 11 points de base entre hier et aujourd'hui et de 26 points de base depuis le 12 août. Selon les analystes, l'inquiétude des marchés est encore plus visible sur le marché des primes de risque, puisque les CDS italiens ont augmenté de 8,65% depuis mi-mai. L'écart de taux avec le Bund allemand a également augmenté et est passé de 227 pb le 19 août, à 252 pb.
Une mauvaise nouvelle, alors que le pays doit émettre 12,5 milliards d'euros de titres à moyen et long terme d'ici la fin de la semaine. Ce matin, le Trésor a adjugé pour 3,98 milliards d'euros d'obligations indexées sur l'inflation et de titres à coupon zéro, à des rendements relativement stables par rapport aux dernières émissions de même échéance. Mais les taux ont continué de grimper après cette première adjudication. Ainsi les titres à cinq ans se tendait de 7 pb à 3,32%, soit la plus forte hausse depuis le 18 juillet dernier. Les émissions de demain et jeudi, à 6 mois, 5 et 10 ans, seront sans doute plus significatives pour connaître le sentiment du marché à l'égard du pays.
Ce week-end, les dirigeants du parti de Berlusconi ont prévenu qu'une crise serait inévitable si leur leader Silvio Berlusconi était privé de son siège au Sénat, après sa condamnation pour fraude fiscale. Une commission du Sénat doit justement se réunir le mois prochain pour décider de l'exclusion ou non de l'ancien chef d'Etat italien du Parlement. Dans ce cas, le PLD a annoncé qu'il quitterait la coalition. Autre motif de tension entre le PLD et le parti démocrate de gauche: l'abolition totale de la taxe sur la résidence principale, que le gouvernement doit discuter demain en conseil des ministres. Le PLD a menacé de faire chuter le gouvernement si celle-ci n'était pas retirée, alors que le parti de gauche s'y oppose. La semaine devrait donc être mouvementée sur le front italien et permettre de tester la résistance de son marché obligataire.
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17/09/2021 - 10:31

