Quelle sera la prochaine cible M&A française?
EXCLUSIF.
La société de bourse Exane dresse une liste des cibles potentielles de M&A dans les prochains mois. Aux côtés d'Arkema et Maurel & Prom, elle a ajouté le groupe de services informatiques Steria.
En 2013 plus que jamais, "small is beautiful". C'est la réflexion portée par Exane lors de sa dernière actualisation de sa target list, qui recense les valeurs cotées européennes qui sont sous-valorisées et pourraient bientôt faire l'objet d'une offre d'achat. A l'heure actuelle, les corporates misent sur des deals moins risqués, et ce sont davantage les grands groupes qui se penchent sur des valeurs midcap. Même si leurs retours sur capitaux propres se dégradent et qu'ils ont beaucoup de cash, les corporates se concentrent davantage sur la croissance organique et le retour de liquidité aux actionnaires. Les deals sont donc des opérations stratégiques consistant à acquérir une compétence manquante, et dont les synergies sont aisées à dégager.
De ce constat, la société de Bourse a dressé une liste d'une vingtaine de sociétés cibles potentielles, qui a déjà porté ses fruits deux fois cette année. Tout d'abord avec Kabel Deutschland, qui vient d'être revendue à Vodafone, et ensuite avec Invensys, qui est aujourd'hui convoité par Schneider Electric. Exane est sorti du premier avec un gain de 37%, mais garde Invensys (+36%) qui pourrait faire l'objet d'une contre-offre.
Alors que deux valeurs française figurent déjà dans cette liste - Arkema et Maurel & Prom-, la société de Bourse a choisi de miser sur deux nouvelles sociétés: l'italien Ansaldo et le français Steria, qui est une cible de choix dans le secteur des services informatiques. Le groupe ne bénéficie pas de la qualité de sa franchise, notamment dans le secteur public, et la valeur est nettement sous-valorisée en raison de ses mauvaises performances récentes: elle a vu son free cash flow passer dans le rouge à -6 millions d'euros l'an passé mais prévoit de dégager 20 millions d'euros post-dividende cette année et même 40 millions l'an prochain. Le PER 2013 est ainsi tombé sous les 6 fois et sa valeur d'entreprise à 7 fois l'Ebit.
De quoi attirer des acheteurs industriels. Cap Gemini par exemple en Europe, ou encore les pure players indiens comme Infosys, TCS ou Cognizant. Mais une offre alléchante d'un fonds de private equity, qui pourrait attirer les 19% du capital appartenant aux employés, n'est pas non plus à exclure totalement. L'aspect spéculatif du dossier est donc à retenir pour les 18 prochains mois, conclut Exane.
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17/09/2021 - 10:31

