Les défaillances d'entreprises se sont accélérées fin 2012
EXCLUSIF.
Les redressements et liquidations judiciaires sont repartis à la hausse l'an passé, millésime le plus mauvais depuis 2009. Les PME sont toujours les principales concernées.
L'année 2012 était celle de tous les dangers, une conjoncture économique pesante pouvant propulser les défaillances d'entreprises à des sommets. Si le record de 2009 n'a pas été battu, la légère embellie constatée depuis cette date a été rompue. Et surtout, le dernier trimestre a été extrêmement éprouvant, précise une étude Altares.
Au cours des douze derniers mois, ce sont 59 780 entreprises qui ont dû déposer le bilan, soit une hausse de 2,7% sur un an, mais un chiffre inférieur au précédent record de 2009 (62 300). La fin d'année vient noircir un peu plus un bilan 2012 déjà moribond. Au cours des trois derniers mois, plus de 16 000 redressements et liquidations ont été ajoutés aux statistiques, soit une augmentation de 12,5% sur un an. Par ailleurs, huit régions battent les records de 2009 sur l'ensemble de l'année écoulée.
La plupart des entreprises défaillantes sont, comme par le passé, les micro-entreprises ou sociétés de moins de 10 salariés. Elles rerésentent 92% du total, un taux comparable toutefois à la représentation démographique des entreprises françaises. Plus d'une entreprise défaillante sur deux a moins de 5 ans même si le nombre de procédures engagées reste stable en 2012. Mais c'est au-delà de 5 ans d'existence que la sinistralité a été important l'an passé, et surtout sur la tranche des 6 à 10 ans (+7,9%), ajoute l'étude Altares.
Fait nouveau : les difficultés se sont propagées aux métiers B to C. Ce sont la production et le commerce qui ont concentré l'essentiel des procédures collectives, avec respectivement 29% et 23% du total des défaillances. L'industrie a fait mieux que résister avec une baisse de 1%. Autre spécificité de l'année : le recul des défaillances pour les sociétés ayant un chiffre d'affaire supérieur à 15 millions d'euros (-8,8%) et une forte accélération du risque pour les sociétés par actions simplifiées (+25%).
Ces mauvais indicateurs replacent le financement des PME et des TPE au centre des préoccupations. "Quatre ans après la panne de l'économie mondiale, les entreprises sont encore essoufflées", note Thierry Millon, responsable des études chez Altares. Le spécialiste de la connaissance inter-entreprises n'attend pas d'amélioration de la situation au cours du premier semestre 2013.
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