Normes comptables : les Etats-Unis jouent au "ni oui ni non"
EXCLUSIF.
La SEC a mis en évidence les difficultés qu'impliquerait la mise en place des règles IFRS, sans pour autant dire si le pays compte les mettre en place ou non. Une posture qui agace en Europe.
Une fois n'est pas coutume, les Etats-Unis freinent des quatre fers pour mettre en oeuvre de nouvelles réglementations internationales. Ce-coup ci, il s'agit des normes comptables IFRS. Le gendarme américain, la SEC, a publié vendredi un rapport dans lequel il fait état des difficultés qu'impliquerait la mise en place de ces règles pour un pays de la taille des Etats-Unis. Ainsi, et sans donner de date pour une décision future, elle indique que les normes ne seront pas mises en place pour le moment.
L'IASB (International Accounting Standards Board), dont les règles sont censées être utilisées dans une centaine de pays, dont ceux de l'Union européenne, demande aux Etats-Unis une prise de décision claire et rapide. D'autant que la SEC travaille sur le dossier depuis deux ans et demi. Une pas en avant du pays de l'Oncle Sam permettrait de décider d'autres pays, comme le Japon, Singapore ou encore la Malaisie.
Les promoteurs des normes IFRS, tels que des grands cabinets d'expertise comptable ou des multinationales, considèrent que les règles internationales simplifieront la comptabilité des entreprises et rendront plus faciles les levées de capitaux par-delà les frontières nationales. Elles permettront également aux investisseurs d'avoir un canevas unique qui facilitera les comparaisons des comptabilités d'un pays à un autre. Dans un communiqué, Michel Prada, le président des administrateurs de la fondation IFRS, qui régit l'IASB, regrette que "le rapport ne soit pas accompagné d'une recommandation sur le plan d'action que devrait suivre la SEC".
La SEC voit, elle, ces recommandations d'abandonner les règles nationales, appelées GAAP, comme un fardeau et un coût pour les entreprises américaines, notamment pour celles qui n'ont pas d'activité en dehors du pays. Elle indique néanmoins qu'un compromis pourrait être trouvé. Par exemple : les Etats-Unis pourraient épouser les normes IFRS progressivement, tout en s'arrogeant le droit de modifier ou de rejeter certaines règles si cela leur paraissait nécessaire.
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17/09/2021 - 10:31

