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exclusif 1855 au bord du gouffre

EXCLUSIF. Le "leader" de la vente de grands crus sur Internet accumule les déboires judiciaires. Lâché par son actionnaire Jean-Pierre Meyers, il garde cependant des relations avec les Caisses d'épargne et Artémis.
L'"Amazon" du vin est plus doué pour solder sa cave que pour livrer ses clients. Alors qu'il se targuait, il y a dix jours, d'avoir vendu plus de 15.000 bouteilles en une journée, 1855.com devra faire face dans quelques semaines à l'examen de plus d'une cinquantaine de plaintes pour défaut de livraison de "primeurs" par les tribunaux de Paris et Bordeaux. Alors que le non respect de ses engagements défraye la chronique depuis plus d'un an, le groupe présidé par Emeric Sauty de Chalon a été condamné l'automne dernier par plusieurs tribunaux, dont celui de Bordeaux, à des peines avec astreinte pouvant aller jusqu'à 800 euros par jour et par bouteille non livrée. La société s'était alors empressée de livrer les vins à ces clients, avant que l'astreinte ne devienne effective. Mais devant l'avalanche de nouvelles décisions qui se profile, sans parler des multiples accords conclus sous l'égide du Tribunal du 1er arrondissement et non suivis d'exécution, 1855 risque d'avoir du mal à trouver les fonds nécessaires pour effacer ses turpitudes. Alors que le groupe a encore levé 4,5 millions d'euros l'été dernier, dont 20% auprès d'une filiale de la Caisse d'épargne de Toulouse, il continue par ailleurs à mener une croissance externe effrénée, en rachetant les Caves de la Transat après ChateauOnline et Cave Privée. Or son actionnaire historique Jean-Pierre Meyers, gendre de Liliane Bettencourt, a jeté l'éponge il y a quelques mois. Il faut dire que les méthodes de 1855 rendent sa fréquentation de plus en plus difficile. Outre les condamnations judiciaires, les agissements du spécialiste des grands vins ont été dénoncés publiquement par le président du conseil des grands crus classés de Bordeaux, qui s'étonnait que M.Meyers ou les Caisses d'épargne en soient "complices". Une opprobre qui a apparemment échappé aux dirigeants d'Artemis. Propriétaire d'un des crus les plus prestigieux, Château Latour, la holding de la famille Pinault l'est aussi de l'Agefi qui participait chez Christie's à Paris (autre propriété d'Artémis), le 20 décembre dernier, à la réception du Cercle des Etats-majors, qui a reçu le patron d'Accor avant une dégustation de grands vins sélectionnés par 1855 !
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