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exclusif Le cercle vicieux de Carrefour

EXCLUSIF. Le titre du distributeur chute à cause du départ de son patron France, arrivé il y a à peine un an. Mais le marché devrait plutôt saluer le report de l'IPO de Carrefour Property.
Carrefour a beau vouloir "positiver", sa déroute stratégique des derniers mois est en train de saper le cours de Bourse. Le titre du groupe de distribution a perdu 25% depuis 7 mois, et les annonces de ce matin le font dévisser un peu plus encore. Le débarquement de James McCann, le directeur exécutif France, a de quoi inquiéter les analystes, quelques semaines après le départ du patron Europe. Débauché de Tesco il y a à peine plus d'un an, James McCann avait suscité beaucoup d'espoir mais il n'a pas réussi à redresser la barre et en paie aujourd'hui les conséquences. Une annonce simultanée aurait cependant pu faire grimper le moral des analystes et du cours de Bourse: Carrefour reporte sine die le projet de cotation de 25% de sa filiale immobilière, Carrefour Property. Cette décision stratégique présentée en début d'année avait été mal accueillie par les actionnaires du groupe car la mise en bourse d'une telle minorité du capital n'aurait pas permis de faire de cet actif un titre liquide et attractif pour les fonds de pension et hedge funds. Carrefour n'aurait pas non plus pu bénéficier du statut de SIIC (ces sociétés foncières cotées ne doivent avoir aucun actionnaire détenant plus de 60% du capital), et du régime fiscal favorable dont il dépend. Sans compter que le groupe aurait pâti du statut de holding résultant de cette IPO, impactant son cours de Bourse. Le fonds Knight Vinke AM, qui détient 1,5% de Carrefour, s'est d'ores et déjà réjoui de cette décision, même si Carrefour a indiqué qu'il n'abandonnait pas le projet. Le fonds activiste aurait rencontré les 45 plus gros actionnaires du groupe représentant plus de 20% du capital, et la plupart d'entre eux auraient indiqué qu'ils voteraient contre cette IPO. Lars Olofsson et ses 2 puissants actionnaires, Colony Capital et Groupe Arnault, doivent maintenant trouver un plan B stratégique pour le leader européen de la distribution.
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