Pas de credit crunch lié aux normes prudentielles?
EXCLUSIF.
C'est ce qu'ont affirmé Christian Noyer, Gérard Rameix et François Villeroy de Galhau au Financium ce matin. Tout en admettant que le coût du crédit avait déjà augmenté.
Il y avait consensus ce matin lors de l'ouverture de la 9ème édition du Financium, le rendez-vous annuel des dirigeants financiers. Sur la scène du Pavillon d'Armenonville, Christian Noyer et ses voisins se sont accordés pour dire que la mise en place des normes prudentielles n'engendrerait pas une contraction du crédit. Pour le gouverneur de la Banque de France, les banques avaient déjà commencé à augmenter leurs fonds propres de 50 milliards d'euros avant l'annonce de l'accélération du calendrier. Il a rappelé que le taux d'acceptation de crédits aux PME s'élève actuellement à 75%, contrairement à 2009 où "il y avait une difficulté de dialogue". Pour tous, le problème n'est pas d'ordre financier, il est la conséquence d'une croissance économique molle.
Le médiateur du crédit aux entreprises, Gérard Rameix, a d'ailleurs précisé que le marché du crédit évoluait plus vite que le PIB. "Il y a un écart entre les chiffres et la manière dont les entreprises les perçoivent", a-t-il commenté. Toutefois, et sans pouvoir encore se baser sur des données précises, il semblerait que les courbes du crédit soient moins bonnes pour le secteur de l'industrie. Deux explications possibles à ce phénomène pour Gérard Rameix : soit les banques ont une aversion pour le risque industriel, soit le pays se désindustrialise.
Des remarques qui ont conforté le raisonnement de François Villeroy de Galhau. Pour le responsable France de la banque de détail chez BNP Paribas, si baisse il devait y avoir, elle irait de pair avec une baisse de la demande. Selon lui, les normes de solvabilité et de liquidité imposées par Bâle III ne diminuent par le volume de crédits accordés et ne poussent pas à demander plus de garanties. Pour preuve, les crédits accordés sur un an ont crû de 5,5% en France, contre 1,9% en moyenne dans la zone euro.
Seule concession à une dégradation de la situation: la hausse des taux, liée à la hausse de l'Euribor (1,47% aujourd'hui, contre 1% en début d'année), sur laquelle les banquiers se basent pour établir le coût du crédit d'une entreprise. Mais le banquier s'est voulu rassurant, indiquant s'attendre à une baisse de ce taux.
Enfin, concernant les ratios de liquidité imposés aux établissements, Christian Noyer a confirmé l'information selon laquelle le LCR pourrait être constitué d'actifs éligibles à la BCE. "Ces ratios ont été faits un peu vite (...) donc nous allons être amenés à les modifier". Et d'ajouter que leur mise en place ne sera pas bousculée.
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17/09/2021 - 10:31

