Le bel été de Rothschild & Cie
EXCLUSIF.
Fusion de Publicis et Omnicom, acquisitions structurantes pour Essilor, conseil du Club Méditerranée... La banque dirigée par David de Rothschild est actuellement sur tous les fronts.
Si cela fait six mois que Maurice Lévy discute en secret avec son homologue d'Omnicom d'une éventuelle fusion entre égaux, qui a vu le jour dimanche dernier, ce n'est qu'au mois de mai dernier qu'il a décidé d'associer au processus une banque conseil. Et qui a-t-il choisi pour l'aider dans cette opération destinée à faire de son groupe le leader mondial de la publicité? Rothschild & Cie, et pas une autre banque. La rumeur voudrait même que Maurice Lévy ait exigé que ce soit Grégoire Chertok (47 ans) qui s'occupe personnellement de ce dossier. Ce qui a été le cas même si Sébastien Proto, l'ancien directeur de cabinet d'Eric Woerth puis de Valérie Pécresse au Budget, a également mouillé sa chemise.
Et ce n'est pas tout. Car hier on apprenait qu'Essilor, la success-story du CAC 40, avait décidé d'acquérir les 51% du capital détenus par PPG dans Transitions Optical, fournisseur américain de verres photochromiques pour les producteurs de l'industrie optique. L'accord prévoit également l'acquisition de 100% du capital de l'italien Intercast, fabricant de verres solaires de haute qualité. Montant de la transaction : 1,73 milliard de dollars payables à la finalisation de l'opération, auxquels s'ajouteront 125 millions de paiement différé sur cinq ans. Là encore, qui trouve-t-on comme conseil : Rothschild & Cie avec notamment Olivier Pécoux, un très proche de Xavier Fontanet, l'ancien patron d'Essilor.
Idem sur l'autre dossier brûlant du moment : le Club Méditerranée. Bien sûr l'opération est, pour le moment bloquée par les deux recours effectués par des actionnaires minoritaires. Mais c'est Rothschild & Cie qui a conseillé la société dans cette transaction montée par Axa Private Equity et le chinois Fosun. Et cette mission n'est pas prête de se terminer.
A l'heure où nombre de banques d'affaires mordent la poussière, ou attendent désespérément qu'une hirondelle venue des Etats-Unis annonce le printemps des fusions et acquisitions, la banque dirigée par David de Rothschild continue de dominer le marché français. Cela est dû aux talents que le banquier a su agréger et motiver au fil des ans, à la qualité des conseils de la maison et aux premiers effets de la réorganisation capitalistique du groupe Paris-Orléans, effectuée il y a un an, qui clarifie le dispositif international de la banque.
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17/09/2021 - 10:31

